La place économique suisse a perdu quelques points de productivité durant le premier semestre 2005. Les exportateurs n'ont pas pu reporter sur leurs prix de vente les hausses des matières premières importées, notamment celle du pétrole. Les termes de l'échange se sont dégradés de 9,8% de janvier à juin comparé à la même période 2004, selon les statistiques publiées jeudi par l'Administration fédérale des douanes.

Les prix des produits importés ont progressé de 2,8%, contre 2,5% pour les produits exportés, dopés par le renchérissement des médicaments, branche qui alimente 27% des exportations, contre 7,4% pour l'horlogerie, et 22,4% pour les machines.

La balance commerciale, malgré une plus forte progression des importations (+6,4% à 69,6 milliards de francs) que des exportations (+5,3%, à 74,2 milliards), reste nettement excédentaire. Le solde positif s'inscrit à 4,6 milliards, en recul face au record de 5,1 milliards du premier semestre 2004.

Les chiffres fournis hier laissent augurer d'un redémarrage économique, car l'importation des biens d'équipement augmente fortement en juin, notamment les camions (+21,7%) et les machines de bureau (+13,7%). L'entrée de matériaux de construction a progressé de 10% en six mois. Juin marque une inversion de tendance par une hausse plus forte des exportations (+9,8%) que des importations (+2,7%). La chimie et les instruments de précision participent massivement à cette évolution, mais pas l'horlogerie (+0,6% seulement).

Les variations de prix n'expliquent pas à elles seules la dégradation des termes de l'échange. Nos rapports d'affaires se modifient avec les pays émergents. La Chine, ancien gros débouché, équilibre sa balance commerciale. La tendance est claire: les importations de Chine croissent plus vite que nos exportations. L'excédent en faveur de la Suisse s'est réduit à 1,3% durant le premier semestre 2005, pour un volume total de quelque 3 milliards de francs.