Les prix du pétrole ont plongé, lundi, à des niveaux plus vus depuis fin mai, la persistance de la pandémie interrogeant sur la demande, sur fond d'accord tant attendu de l'OPEP et de ses alliés.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre a lâché quasiment 5 dollars (4,97 dollars), ou 6,75% par rapport à la clôture de vendredi à Londres, pour finir à 68,62 dollars. A New York, le baril de WTI pour août a lui abandonné 5,39 dollars, ou 7,50%, à 66,42 dollars.

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Tout au long de la séance, les deux références de l'or noir n'ont cessé de s'enfoncer. Dans les échanges électroniques post-clôture, le West Texas Intermediate est même descendu en deçà de 66 dollars (65,86), son plus bas niveau depuis fin mai.

Une possible «brèche dans la cohésion» à l'OPEP+

Après deux semaines de blocage, les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et leurs dix alliés de l'accord OPEP+ se sont finalement accordés sur un relèvement graduel de la production, jusqu'en septembre 2022. Un scénario prudent, qui permettra à l'OPEP de procéder par étapes et de réévaluer sa trajectoire en cas de ralentissement marqué de l'économie.

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Mais l'accord a aussi inclus une révision du niveau de production de base pour quatre membres de l'OPEP+ ainsi que la Russie, ce qui va leur permettre de pomper davantage d'hydrocarbures.

«Ca pourrait avoir donné l'impression à d'autres pays qu'ils y ont perdu», a commenté Andy Lipow, président du cabinet de conseil Lipow Oil Associates. «Et on pourrait peut-être voir une augmentation de la production de leur part» hors des termes de l'accord annoncé dimanche. «Ce pourrait être une brèche dans la cohésion de l'OPEP+.»

L'inquiétude liée au variant Delta

A l'actualité de l'OPEP est venue se superposer la nervosité liée à la propagation du variant Delta, qui n'épargne désormais plus aucune région du monde.

«Le variant Delta pourrait engendrer de nouveaux confinements, ce qui pénaliserait la demande et saperait la capacité des marchés pétroliers à revenir à la normale à brève échéance», en matière de production, a fait valoir Andy Lipow.

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La production de l'ensemble OPEP+ se situe encore à 5,7 millions de barils environ en deçà de ses niveaux de 2019.