Le montant est spectaculaire: plus de 5,8 milliards de francs de pertes au total pour le quatrième trimestre de 2015. De quoi rappeler les pires moments de la crise financière. Dans la foulée, Credit Suisse va couper 4000 postes, accélérant le programme annoncé en automne dernier.

L’annonce de ce jeudi: Credit Suisse annonce une perte nette de 2,944 milliards de francs

L’action perdait presque 10% à l’ouverture, signe que, même si des rumeurs avaient précédé l’annonce formelle et que les analystes s’attendaient à une perte, le marché avait quand même été trop optimiste. De quoi faire dire à des analystes, dont ceux de Citigroup, que Credit Suisse ne tiendra pas ses objectifs de moyen terme.

Est-ce une nouvelle catastrophe bancaire en Suisse? Pas forcément. Ou plutôt, tout dépend si l’on se concentre sur le passé ou sur le futur. Tidjane Thiam, entré en fonction en juillet dernier, fait le ménage, comme l’avait fait Sergio Ermotti lorsqu’il avait repris les rênes d’UBS. Plutôt que de plomber, trimestre après trimestre, les résultats de la banque, le nouveau patron de Credit Suisse préfère réviser d’un coup la valeur d’une acquisition réalisée en 2000 (le gros de la perte).

Il s’agit donc de charges – lourdes – mais qui ne se reproduiront pas. D’autres signes sont encourageants: l’afflux d’argent continue, à un rythme plus soutenu que chez UBS, dont les résultats, publiés mardi, ont déçu. Le problème de Credit Suisse ne se trouve pas dans cette perte colossale, dont une grande partie est déjà épongée par les bénéfices des trois premiers trimestres. Il se trouve plutôt dans la stratégie et les objectifs mis en place par Tidjane Thiam. Annoncée à l'automne dernier, la stratégie a à la fois déçu par la coupe relativement modeste prévue dans la banque d’affaires et a été jugée irréaliste sur le plan des objectifs financiers. Le ménage en cours aidera, mais certainement pas à court terme.


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