Le procès du mélange des genres entre l’Etat français et la finance

Le procès, entamé le 22 juin et qui s’achèvera cette semaine devant la 32e chambre correctionnelle du tribunal de Paris est emblématique. Jugé pour «prise illégale d’intérêts» (article 432-12 du Code pénal français), François Pérol, 52 ans, est soupçonné, lorsqu’il était secrétaire général adjoint de l’Elysée (2007-2009) sous Nicolas Sarkozy – et donc «dépositaire de l’autorité publique» –, d’avoir commis le délit de «prendre, recevoir, conserver, directement ou indirectement, un intérêt quelconque dans une entreprise ou une opération» dont il avait «au moment de l’acte, en tout ou partie, la charge de la surveillance ou de l’administration». En clair le haut fonctionnaire aurait profité de sa position pour obtenir, en mars 2009, la présidence du groupe bancaire issu du mariage entre les Banques populaires et les Caisses d’épargne, que l’Etat avait renfloué à hauteur de 7 milliards d’euros (remboursés en 2011). D’où le fait, disent ses détracteurs, qu’il n’a pas saisi la commission de déontologie, dont deux membres avaient démissionné suite à sa nomination.