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La start-up met en relation, via une plateforme numérique, les restaurateurs et les sociétés de mareyage qui achètent du poisson en gros lors des ventes à la criée sur toutes les côtes françaises.  
© Philippe Wojazer / Reuters

Restauration 

Procsea, la start-up vaudoise qui bouscule le marché de la pêche

La start-up, basée à Montreux, compte déjà 150 clients, essentiellement des hôteliers et des restaurateurs. Sa plateforme, qui permet d’acheter en direct depuis les ports français, réduit les prix de 10 à 30%

La révolution numérique touche désormais aussi les poissons, coquillages et crustacés. Procsea, une start-up basée à Montreux (VD), veut devenir la plateforme de référence des hôteliers et restaurateurs dans le domaine des produits de la mer, en supprimant les intermédiaires. «C’est une forme de criée internationale en ligne», explique Renaud Enjalbert, fondateur de Procsea qui veut permettre à ses clients de faire l’impasse des grossistes et de commander du poisson en quelques clics, en direct des ports européens.

Lancée en septembre 2016, la jeune entreprise compte 150 clients, de nombreux palaces et plusieurs restaurateurs sur l’Arc lémanique mais également en France. «Nous avons rencontré tous les chefs de cuisine entre Genève et Montreux pour les convaincre de l’intérêt de notre plateforme», explique Renaud Enjalbert. Le restaurant Le Cerf à Cossonay, le Domaine de Châteauvieux à Satigny, Le Richemond – Dorchester Collection à Genève ou le Montreux Palace font partie des clients.

Une rencontre avec la directrice de salle du Domaine de Châteauvieux: Service gagnant

Livraison en 24 heures

Concrètement, la start-up met en relation, via une plateforme numérique, les restaurateurs et les sociétés de mareyage qui achètent du poisson en gros lors des ventes à la criée sur toutes les côtes françaises. «Nous nous occupons de la logistique, des formalités douanières et de l’encaissement des factures via un tiers», note Renaud Enjalbert, qui cite des avantages pour ses clients: «Chaque restaurateur peut choisir son poisson auprès de différents mareyeurs et acheteurs, par exemple, 50 kilos de bar de ligne chez l’un et 30 kilos de rouget chez un autre. Il obtient le tout en une seule livraison. Nous garantissons une traçabilité du produit. Le client connaît la zone et l’engin de pêche, la qualité du produit grâce aux informations transmises lors de la criée. Quand le bateau rentre au port, le restaurateur est livré dans les 24 heures car le produit n’est pas stocké mais livré directement, via des camions réfrigérés.»

Il y a également un avantage de coût. Le prix de la marchandise serait de 10 à 30% inférieur à celui pratiqué par les grossistes. «Je n’ai rien à reprocher à Procsea qui fait son travail en toute légalité. Mais la différence de prix s’explique par les salaires. Le poisson que nous importons est apprêté à Genève. On découpe du poisson à 4500 euros par mois à Genève, contre environ 1200 euros à Boulogne-sur-Mer. Nous ne pouvons pas lutter face à cette différence salariale», explique Laurent Isoux, fondateur et directeur de Gastromer, une société genevoise active dans l’importation et la distribution des produits de la pêche qui emploie 52 personnes. En outre, il rappelle que sa société subit des droits de douane de 15 à 20% lorsqu’il s’agit d’exporter du poisson à Chamonix ou ailleurs en France voisine.

Soutien du capital-risque

La start-up vaudoise, qui comptera 17 collaborateurs à la fin du mois, dont huit à Montreux et neuf à Rennes en France, vient de lever 800 000 de francs de fonds externes auprès notamment de la société de capital-risque Polytech Ecosystem Ventures et huit business angels issus des associations Swiss ICT Investor Club (SICTIC) et Business Angels Switzerland (BAS). Cette somme permettra de déployer la plateforme sur de nouveaux marchés.

«Il faut aller vite car la concurrence ne va pas tarder à émerger dans un secteur évalué à 55 milliards de francs par année en Europe. Nous voulons rapidement nous étendre en Ecosse et en Espagne et convaincre tous les mareyeurs et producteurs européens», ambitionne Renaud Enjalbert, un entrepreneur discret sur son chiffre d’affaires, qui a précédemment travaillé plusieurs années dans l’import/export de coquillages et crustacés écossais.

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