La fédération allemande des producteurs de lait BDM, qui représente environ la moitié des volumes produits dans le pays, s'est mise en «grève du lait» mardi pour protester contre des prix jugés excessivement bas.

Les coûts de production ont augmenté de 7 centimes par litre sous l'effet des prix de l'énergie et du fourrage, selon BDM qui réclame un prix de 43 centimes d'euro par litre, contre 28 à 34 centimes en usage en ce moment.

Du côté des laiteries, la fédération des industries de transformation du lait MIV assure que «l'approvisionnement des consomma- teurs allemands est garanti pour le moment», le pays pouvant également recourir aux importations.

Le BDM veut pour sa part donner une dimension européenne à son mouvement. Son homologue autrichien serait prêt à lancer lui aussi une grève du lait, et «des Pays-Bas et d'autres pays européens nous parviennent des signaux positifs», précise la fédération.

Emmi reste serein

En Suisse, l'association alémanique minoritaire Big-M (Bäuerliche Interessengruppe für Marktkampf), surtout présente en Suisse centrale, a manifesté mardi devant les sièges des transformateurs de lait Emmi, à Emmen (LU), et Hochdorf Nutriec, à Sulgen (TG). Près de 200 paysans se sont réunis. La majorité d'entre eux sont prêts à participer à la grève. Les producteurs ne livreront plus de lait dès mercredi, a déclaré Martin Haab, président de Big-M.

Selon Emmi, le plus grand transformateur de lait suisse, cette grève n'aura que peu de conséquences. La manifestation organisée devant les installations d'Emmi à Emmen n'a pas remporté un grand succès, d'après l'entreprise.