La question d'en avoir ou pas semble dépassée, écrasée par l'évidence du marché et l'évolution de la demande des clients; reste à définir la bonne quantité, le dosage idéal.

Ces produits permettent d'agréger différents composants financiers, essentiellement des dérivés. Ils permettent aujour-d'hui à l'ingénierie financière de proposer des formules de couples risque-rendement spécifiques.

Dans le même temps, ils ouvrent l'accès à des sous-jacents difficiles à appréhender, données statistiques, naturelles ou purement mathématiques: inflation, météo, catastrophes naturelles, risque de crédit, volatilité des dérivés eux-mêmes et d'autres à venir... Pour espérer battre le marché, le gérant cherche les axes porteurs, les thèmes forts et personnels sur lesquels il souhaite investir et qui devraient surperformer le reste des investissements possibles.

Les produits structurés sont alors des outils précieux: en facilitant l'accès à toutes les classes d'actifs, ils permettent au gérant de se concentrer sur les choix fondamentaux en étant presque certain de trouver un véhicule adéquat.

Le processus décrit s'applique au choix du véhicule une fois le thème d'investissement choisi. On rajoutera à cette étape l'étude du profil de risque du portefeuille: quel est le couple risque-rendement recherché dans le portefeuille?

Les grandes familles de produits sont connues. Il est possible de décliner chaque gamme pour tous les sous-jacents imaginables et d'adapter la formule de remboursement pour qu'elle corresponde aux attentes du client.

Il faut maintenant choisir et bien écrire ce que l'on veut et éviter «l'erreur de casting».

Un capital garanti est intéressant si vous êtes très positif sur votre sous-jacent ou si vous venez sur un nouveau marché que vous connaissez peu. Si vous attendez une croissance faible à modérée, un produit de rendement ou à protection conditionnelle permettra d'optimiser le retour sur investissement. Enfin si vous craignez un retournement de marché, n'investissez pas sur cet actif, ou choisissez un produit bénéficiant de la baisse.

Le bon choix n'est pas toujours intuitif et il faut dans tous les cas étudier le point mort du produit, comprendre quand et comment il fournira le maximum de performance et comparer cela aux fondamentaux ayant motivé le choix d'investissement. C'est le travail de votre conseiller en produits structurés et non du producteur.

Un investisseur qui souhaite aujourd'hui conserver ou augmenter son exposition mais qui craint une correction devrait considérer des produits à capitaux garantis dont les conditions bénéficient d'un niveau de volatilité au plus bas historique et de taux d'intérêt attractifs, et non essayer «d'acheter de la volatilité» comme cela est proposé. Cela répond à d'autres objectifs plus complexes.

Alors que l'industrie des produits se développait à grande vitesse, les méthodes de gestion et surtout les outils de reporting et d'analyse ne suivaient que de très loin. Les portefeuilles sont encore présentés en terme d'allocation entre actions/obligations, cash et gestion alternative qui reste comme pièce ajoutée.

L'évolution de la gestion d'actif passera par une vision de risque associé à chaque investissement pour agréger l'ensemble d'un portefeuille dans une matrice, un tableau de bord permettant au gérant de piloter le profil risque-rendement en fonction des objectifs définis avec le client.

Les produits structurés auront alors un rôle clef car ils peuvent se plier à tous les profils.