L'année 2005 s'est révélée bénéfique pour les investisseurs en matières premières. Les principaux indices de matières premières ont enregistré une progression de 20 à 24%, certaines matières premières telles que le pétrole brut, le sucre et le cuivre ont même progressé de 50% voire au-delà. Dans le même temps, selon les estimations, le volume global des investissements dans ce secteur est passé de quelque 50 à 80 milliards de dollars l'année dernière. Il faut cependant revenir quelques années en arrière pour trouver l'une des raisons majeures du boom actuel des matières premières. Si les années 90 ont privilégié les investissements dans les valeurs technologiques et Internet, elles ont, en revanche, boudé les placements pourtant nécessaires dans les matières premières. Aussi, l'offre modeste qui en a résulté est aujourd'hui confrontée de manière abrupte à la demande croissante d'économies émergentes telles que la Chine, la Corée du Sud ou l'Inde et l'exploitation de nouvelles ressources constitue bien souvent un processus de longue haleine.

Nombre d'experts estiment que nous ne sommes qu'au seuil d'une longue période haussière sur le marché des matières premières. Après vingt ans de faiblesse, le GSCI, l'indice de référence de 24 matières premières réparties sur la totalité des secteurs, a retrouvé une vigueur indiscutable au cours des 4 années écoulées, atteignant même son plafond historique en 2005. En données corrigées de l'inflation, les matières premières continuent toutefois de bénéficier d'une évaluation favorable en comparaison historique.

Comment donc les investisseurs orientés sur le long terme peuvent-ils profiter, le cas échéant, d'une hausse des matières premières? A l'exception des métaux précieux, les investissements directs dans les matières premières ne sont possibles et judicieux que par le biais de structures dérivées. En effet, les produits structurés sont d'une part toujours remboursés en espèces, il n'y a donc pas de livraison physique. D'autre part, ils sont très flexibles et transparents.

De manière générale, les investisseurs peuvent investir dans quatre catégories selon leur propension au risque et leurs attentes du marché: les certificats simples reproduisent essentiellement l'évolution de la valeur sous-jacente, bien souvent en «open end», autrement dit sans limitation de durée. Par ailleurs, il existe des produits jouissant d'une protection du capital de 100% voire supérieure, d'optimisation du rendement ainsi que des produits avec effet de levier. A l'exception de ces derniers, ils se prêtent tous à des placements stratégiques.

Conceptrices de ces produits, les banques d'investissement cherchent à favoriser un trading permanent aux heures de négoce suisses, donc également en dehors des horaires des principales Bourses, notamment américaines et asiatiques.

La plupart du temps, les placements sont effectués dans des indices de matières premières largement diversifiés. Parmi les plus importants, il faut citer le Dow Jones AIG Commodity Index (DJAIGCI), le Goldman Sachs Commodity Index (GSCI) et le Rogers International Commodity Index (RICI), du nom de Jim Rogers, la légende de Wall Street. Les indices susmentionnés comportent également des sous-indices permettant un placement spécifique dans certains secteurs, voire dans certaines matières premières.

A noter que, contrairement aux principaux indices d'actions qui sont généralement de purs indices de prix, les indices de matières premières constituent habituellement des indices dits d'Excess Return. Ceux-ci n'affichent pas les cours au comptant des matières premières, mais la performance qu'un investissement dans des futures permettrait de réaliser. L'investisseur peut ainsi profiter, en particulier au niveau de la valeur sous-jacente du pétrole brut, d'une situation de marché inversé. Le marché inversé décrit une anomalie du marché, en d'autres termes, les cours des futures sont inférieurs à ceux au comptant et, donc, cotent en deçà de leur valeur théorique.

Par le passé, les hausses affectant les matières premières ont duré quinze à vingt ans. A priori, les conditions d'une augmentation durable des prix semblent toujours réunies actuellement. Mais pour autant, le passé ne préfigure pas toujours des développements futurs. Enfin, les hausses sont souvent assorties de corrections plus ou moins significatives.