Gilles Corbel rayonne. Le responsable des produits structurés à la Banque Cantonale Vaudoise (BCV) devrait enregistrer plus de 40 millions de francs de souscriptions avec le BCV Protec+. Le succès de ce produit tient à un changement de culture. L'épargnant ne se satisfait plus de l'équation capital garanti et revenu garanti. Il glisse vers un profil avec capital garanti, mais un revenu qui ne l'est plus. Toujours très conservateur, il renonce à une rémunération dérisoire mais certaine. Et s'expose à un risque de marché. Le capital est protégé, mais en contrepartie le profit maximum est limité à 10,05% sur 3 ans. La banque a pris l'indice SMI comme sous-jacent. Qu'il baisse encore en raison de l'inflation ou d'un ralentissement sensible de l'économie, ou qu'il reparte à la hausse, l'investisseur retrouve son investissement initial.

Le mécanisme est simple. Durant les trois ans de vie du produit, le rendement se répartit en 3 coupons distincts de 3,35%. Si après l'année 1, l'indice SMI est supérieur à 103% de son prix de référence, le coupon de 3,35% est payé. Après l'année 2, le SMI doit être supérieur à 106% du prix de référence et après l'année 3, à 109%. La cotation est prévue à la Bourse suisse. Lorsqu'on sait que la BCV va augmenter la rémunération de son livret d'épargne de 0,375% à 0,625% au 1er août, on comprend le succès du produit. Celui-ci est mieux rémunéré qu'une obligation de caisse à trois ans, qui tourne autour de 2% selon les banques, à condition bien sûr que l'indice SMI progresse légèrement. Mais il est aussi plus liquide qu'une obligation de caisse. Il est négociable en tout temps puisqu'il est coté en Bourse. Le profil de l'investisseur est obligataire, même si le sous-jacent est un indice en actions. Pour une durée de trois ans, l'investisseur obligataire obtient actuellement 2,28% sur les titres de la Confédération.

La BCV se dit par ailleurs très satisfaite de l'émission du Romandino, un produit sur un panier diversifié d'actions romandes, établi en partenariat avec le magazine Bilan. La baisse des Bourses rend le prix d'exercice attrayant, sachant que la fixation des conditions aura lieu le 3 juillet. Pour cette émission, l'objectif de la banque est d'atteindre 10 millions de francs. L'accueil est particulièrement favorable de la part des institutionnels.