Les charmes de la diversification comprennent souvent des risques latents assez importants. Il ne suffit pas de sortir des chemins battus et des grandes bourses habituelles pour gagner de l'argent. La baisse de plusieurs bourses asiatiques cette année en témoigne. Mais l'Afrique et le Moyen-Orient tiennent leurs promesses.

Un rendement de 45% depuis le début 2007, soit 16% supérieur aux marchés émergents et 43% supérieur aux marchés mondiaux, telle est la performance de l'indice MSCI Arabian Markets. Cet atout s'ajoute à celui de la décorrélation. Celle-ci s'explique par de fortes barrières à l'entrée qui limitent l'accès direct aux investisseurs étrangers et se traduisent par le poids important des investisseurs domestiques, selon une étude de Exane Derivatives. Le spécialiste français des produits structurés propose différentes stratégies straturées sur cette région, qu'il appelle MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord), par exemple avec des solutions basées sur les fonds Ocean Fund Equities MENA Opportunities, Schroder Middle East Fund et JP Morgan Funds Middle East Equity Fund. Des produits avec garanties ou non. Ou encore des produits destinés à jouer les monnaies locales.

Mais l'investisseur doit comprendre les particularités de ces pays. Contrairement aux attentes, la corrélation du MSCI Arabian Markets est inexistante avec le cours du pétrole. En effet, les entreprises pétrolières sont étatisées et donc non cotées en bourse. L'indice comporte avant tout des financières (40%) et de la construction (25%). Ce marché, qui a connu une forte baisse en 2006, poursuit une hausse qui sera soutenue par la création du MSCI Frontier Markets et l'intégration probable du Koweït, du Qatar et des Emirats arabes unis dans l'indice MSCI Emerging Markets en lieu et place de la Corée du Sud.

ABN Amro constate aussi un vif intérêt pour cette région, ainsi que pour l'Afrique, laquelle allie également une forte performance et une décorrélation. ABN Amro a lancé un certificat sur l'indice S & P Africa 40 qui gagné 36% en un an et qui a la particularité de contenir à 80% des sociétés locales, selon Florian Stasch, d'ABN Amro. Huit pays sont représentés, y compris le Kenya, la Zambie et le Mali, alors qu'habituellement les indices sur l'Afrique sont centrés sur l'Afrique du Sud et le Maroc.