Après la correction boursière, les investisseurs en produits structurés constatent les dégâts. Les protections conditionnelles ont-elles tenu? «Les barrières ont été touchées sur 2 des 13 «reverse convertibles» sur l'action Credit Suisse», selon Lionel Pilloud, à la Banque Vontobel, à Genève. Une proportion que l'on devrait retrouver sur bien des marchés d'actions. Dans ce cas, l'investisseur recevra le sous-jacent, en plus du coupon. «Maintenant, c'est le temps des soldes», selon l'expert genevois. Attirée par des prix réduits, la demande est qualifiée de bonne. «Nous constatons des achats sur des produits qui ont nettement corrigé. Les investisseurs espèrent un gain sur la volatilité et sur la reprise des cours, selon Lorenzo Martino, responsable des produits structurés auprès de Citigroup.

En général, selon notre sondage auprès des professionnels, l'investisseur recherche maintenant des produits avec protection du capital plutôt que du coupon. Les «certificats airbags» sont à la mode, selon Lionel Pilloud. Ces produits s'adressent aux investisseurs qui craignent un recul à court terme, mais attendent une hausse à moyen terme. Ils participent à 100% à la performance d'une action, d'un indice ou de matières premières mais offrent également un rendement minimum de 3 à 5% par an si un niveau fixé 25% à 40% en dessous du niveau d'émission n'est pas atteint durant toute la durée de vie du produit. Les «reverse convertibles» sur taux d'intérêt devraient eux aussi avoir le vent en poupe, selon Lionel Pilloud. Certains produits en euros offrent un coupon de 9% sur deux ans, un niveau à comparer au taux d'intérêt du marché, qui est de 3,6% par an. Le prix d'exercice correspond à 4,36% soit le taux 5 ans à terme «at-the-money», théoriquement le taux 5 ans du marché dans 2 ans. Et si les taux ne montent pas jusque-là, le produit est structuré de telle manière que la somme du coupon payé et du remboursement en capital soit au moins égale à 100% du nominal investi.

Les matières premières restent un thème très porteur. L'UBS vient de lancer un indice stratégique sur les champs pétroliers (UBS Oil Filed Strategy Index) et l'accompagne de l'émission de produits structurés. L'investisseur se place dans la position de l'explorateur de champs pétroliers et obtient une diversification temporelle des contrats, entre 1 mois et jusqu'à 5 ans.

L'immobilier attire aussi un bon courant acheteur. Citigroup a déjà placé «un montant considérable», pour des certificats sur son indice des principales actions immobilières. Il lance maintenant des «certificats capped bonus» sur cet indice. On profite ici d'un rendement pouvant aller jusqu'à 9% par an, mais le gain maximal et la protection du capital sont tous deux limités.