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Des tommes persillées au cannabis légal.
© WeedMasters

Financement participatif

Des produits du terroir au cannabis

La start-up romande WeedMasters a lancé une campagne de crowdfunding pour financer ses tommes, ses bières ou son saucisson au chanvre légal

Pour lancer sa campagne de crowdfunding, Fabian Gonzalez ne propose pas l’apéro à vie comme l’ont fait certains bars, mais «1 joint par jour pendant une année et 30% de rabais sur tous les produits à vie», en échange de 350 francs. Le fondateur de la start-up WeedMasters espère récolter, via son son site Internet, jusqu’à 300 000 francs, somme nécessaire à la commercialisation, en début d’année prochaine, de plusieurs produits à base de cannabis légal et local.

«Les produits sont prêts. Nous n’attendons plus que le feu vert du chimiste cantonal», précise Fabian Gonzalez, un entrepreneur de 32 ans, médiamaticien dans une multinationale. La start-up a déjà élaboré du chocolat, des tommes persillées et des bières au cannabis légal. «Nous voulons aussi proposer d’autres produits à partager entre amis, comme du fromage à raclette, des cookies, des brownies et du saucisson», explique celui qui devra encore séduire les papilles des consommateurs. «Nous avons déjà établi des contacts dans plusieurs épiceries et des magasins du terroir.»

Une denrée coûteuse 

Avec un horticulteur, un biologiste et des producteurs de chanvre, Fabian Gonzalez a développé, par croisements, une plante contenant moins de 1% de tétrahydrocannabinol (THC). Depuis le début de l’année, WeedMasters cultive des plantes de cannabis sous lampes, sur une surface de 400 mètres carrés. «Nous avons la capacité de produire jusqu’à 20 kilos à chaque récolte, soit environ 80 kilos par année», explique-t-il. La production a lieu dans une petite usine dans la région d’Yverdon-les-Bains. Le lieu exact est tenu secret. «Il s’agit d’un produit de luxe. Certains concurrents ont été dévalisés juste avant la récolte.»

Cette substance coûte en effet 14 francs le gramme, soit 14 000 francs le kilo. Du fait de ce faible pourcentage en THC, on parle de cannabis légal. La substance dominante dans ce type de chanvre est le cannabidiole ou CBD, qui n’a pas d’effet psychoactif mais provoque une sensation relaxante. «Il faudrait consommer un kilo de notre chocolat pour avoir l’effet de deux joints», affirme Fabian Gonzalez.

Une manne pour les caisses de l’Etat

Quel est alors l’intérêt de manger ces produits interdits aux moins de 18 ans et de débourser 36 francs pour un pack de six bières? «C’est pour le goût. Fumer ou manger du cannabis légal aide aussi à se désaccoutumer de cette addition», affirme Fabian Gonzalez, lui-même ex-fumeur occasionnel de cannabis à plus de 1% de THC.

En Suisse, le marché du cannabis légal se développe rapidement. Le CBD se trouve désormais sous diverses formes et se vend sur Internet et dans de nombreux kiosques. Plus de 130 producteurs se seraient déjà enregistrés auprès de l’Administration fédérale des douanes afin d’être taxés comme les producteurs de tabac, a relevé la Berner Zeitung. Ainsi, près de 30 millions de francs devraient rentrer chaque année dans les caisses de l’Etat. En Suisse romande, on compterait une vingtaine de producteurs de chanvre à moins de 1% de THC.

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