Une assemblée générale extraordinaire va marquer le 26 septembre «la fin des opérations d'assainissement» de la Banque Cantonale de Genève (BCGe). Selon la conseillère d'Etat Micheline Calmy-Rey, la recherche des responsabilités qui ont conduit à sa dérive est du ressort de la justice. Plusieurs décisions «importantes pour le futur de la banque devront être prises et sans nouveau délai», a déclaré la conseillère d'Etat chargée des Finances lors d'un entretien. «Je souhaite que la nomination du nouveau directeur général de la BCGe soit rendue publique à cette occasion.» Marc Fues, directeur démissionnaire, «doit partir le plus vite possible». Le changement d'équipe, réalisé en partie avant l'été, doit s'achever «symboliquement» à la rentrée. De même, «un changement de réviseurs externes sera demandé aux actionnaires», a précisé Micheline Calmy-Rey.

Après l'augmentation de capital réalisée en juin et les lois votées pour modifier les statuts de la banque, la BCGe doit retrouver la confiance de ses clients et de la place financière. Dans ce but, ses dossiers difficiles ont été transférés dans une fondation de valorisation fin juillet. «Les 5 milliards d'actifs confiés à la fondation seront réalisés, mais pas bradés», assure Micheline Calmy-Rey. La synthèse de leur liste, par types d'objets, sera adressée au Grand Conseil. «Notre volonté est d'expliquer nos actions à la population genevoise et de faire preuve de transparence.» L'objectif de la Fondation de valorisation des actifs de la BCGe est de «limiter les pertes». Celles-ci seront provisionnées dans les comptes de l'Etat. «D'après la loi, il appartient à la fondation de faire une évaluation individuelle des 1700 dossiers qui lui ont été confiés. Cette phase devrait durer jusqu'à début 2001», a souligné Micheline Calmy-Rey. La fondation devra notamment se pencher sur quelques gros dossiers. «Il y a des affaires qui ne sont pas explicables. Je ne comprends pas comment on a pu reprêter de l'argent à certains clients. La justice fera son travail.»

D'autres mesures devront encore être prises. «Je souhaitais qu'un nettoyage complet de l'organisation soit fait au plus tôt pour que la Banque Cantonale de Genève reparte du bon pied.» C'est aussi pourquoi «il faut fermer au plus vite l'établissement de la BCGe à Lyon», a réaffirmé Micheline Calmy-Rey. Les soupçons de blanchiment pesant sur cette filiale justifient à ses yeux que l'on tranche dans le vif.

La nouvelle équipe, autour de Jacques Perrot et du conseil d'administration renouvelé, devra s'atteler à restaurer la confiance. Dans ce contexte, le départ de l'ex-président Dominique Ducret et celui du directeur général Marc Fues sont donc bien à considérer «comme une sanction de la politique menée jusqu'en 1999». Il est vrai que l'image de la Banque Cantonale de Genève reste brouillée dans le public, comme en interne où elle doit faire face à des départs. Enfin, la BCGe rencontre toujours des difficultés pour assurer le refinancement de ses activités.

Pour l'avenir, la volonté de l'Etat de Genève est de voir «bien séparées» les affaires de la banque cantonale et celles de la Fondation de valorisation. «C'est dans ce but que la BCGe a été amputée de ses crédits douteux. Il faut laisser la banque assainie assurer son futur.»