Le patron de Swisscom, Jens Alder, a été élu entrepreneur de l'année 2001 par l'hebdomadaire alémanique «HandelsZeitung». Le Club zurichois des journalistes économiques l'a désigné avec une grande avance sur ses challengers.

A 44 ans, Jens Alder peut se targuer d'être l'ovni de l'industrie des télécommunications en Europe. Le patron de Swisscom apparaît comme le seul dans sa catégorie à compter en milliards non pas les dettes, mais les bénéfices. A la tête de l'opérateur très majoritairement public, Jens Alder a passé un accord avec le britannique Vodafone qui lui permet des rentrées conséquentes dans ses caisses, négocié avec les syndicats une restructuration lourde touchant 4000 emplois et décroché (comme ses concurrents) la licence UMTS la moins chère du continent à 50 millions de francs. Son entreprise peut désormais disposer de 10 milliards afin d'acheter à l'étranger la société qui permettra à Swisscom de poursuivre sur la voie de la croissance, le marché suisse ne pouvant plus rien lui promettre. Jens Alder a débuté sa carrière comme restructurateur chez Motor-Colombus à côté de son modèle, Ernst Thomke. Ce diplômé du Poly de Zurich et de l'Insead de Fontainebleau (où il décroche un MBA) fera ensuite ses armes chez Alcatel Suisse où il n'hésitera pas à lancer une vague de restructurations qui touchera toute l'entreprise.

Dans le classement établi par la «HandelsZeitung», le vaudois André Kudelski décroche une place d'honneur, comme le patron de Crossair, André Dosé. Parmi les dix premiers, figurent en outre Peter Siegenthaler, directeur de l'Administration fédérale des finances (AFF) et l'ancien homme fort de Swissair, Mario Corti, deux acteurs importants du feuilleton vécu par le groupe aérien helvétique, aujourd'hui en plein démantèlement. En 2000, c'est Antoinette Hunziker-Ebneter, présidente de la direction générale de la Bourse suisse, qui avait décroché la palme de «l'entrepreneuse de l'année». Elle a , depuis, pris les rênes de la plateforme électronique londonienne Virt-x.