France Télécom a définitivement bouclé le montage financier du rachat de l'opérateur mobile Orange au géant britannique Vodafone, grâce au feu vert mardi de ses actionnaires. L'assemblée générale réunie à Paris a approuvé une augmentation de capital réservée d'un montant nominal de 516,8 millions d'euros, assortie d'une prime d'apport de 17,597 milliards EUR au profit de Mannesmann, filiale de Vodafone.

L'opération, réalisée par l'émission de 129,2 millions de nouvelles actions immédiatement à l'issue de la réunion, a fait entrer le groupe britannique, via Mannesmann, à hauteur de 11,2% dans le capital de France Télécom. Cette présence a toutefois été aussitôt ramenée à 9,9%, avec le rachat concomitant par France Télécom de 1,3% de ses titres à Mannesmann. L'entrée de Vodafone, par l'intermédiaire de sa filiale allemande, au sein de l'opérateur public français, dilue la part de l'Etat français de 63,9% à 54% et fait de Mannesmann le deuxième actionnaire de France Télécom.

Cette position n'est toutefois que temporaire. «Structurellement, Mannesmann n'a pas la vocation de rester actionnaire de France Télécom», a souligné mardi Jean-Philippe Roulet, directeur du droit financier et des sociétés de France Télécom. France Télécom s'est déjà engagé à racheter à terme l'ensemble des titres apportés à la filiale de Vodafone, pour l'essentiel au moyen des fruits attendus de la future introduction en Bourse d'Orange, dans laquelle sera regroupé l'ensemble des activités mobiles de l'opérateur français. «Au plus tard au début de l'année prochaine, nous introduirons en Bourse la société Orange», a rappelé mardi le PDG de France Télécom, Michel Bon. Il a répété qu'il attendait «environ 14 milliards d'euros» à l'issue de cette mise sur le marché. L'acquisition d'Orange coûtera en définitive à France Télécom un peu moins que le montant total de près de 50 milliards d'euros dévoilé à l'annonce de l'opération.

Pour faire face à «l'endettement accru» engendré par le rachat d'Orange, France Télécom «cédera et continuera à céder des actifs», a répété mardi Michel Bon aux actionnaires. «Nous avons déjà cédé TelMex et nos 2% dans Deutsche Telekom, à un cours nettement meilleur d'ailleurs que le cours d'aujourd'hui», a-t-il souligné. Il a évoqué une possible vente des 10% détenus par France Télécom dans l'américain Sprint et s'est dit convaincu que la valeur de ce dernier ne serait pas affectée par l'échec récent de sa fusion avec WorldCom. «La valeur de Sprint reste indéniable, ses résultats sont bons, donc nous n'avons pas d'inquiétude», a-t-il ajouté.

Le PDG de France Télécom ne s'est pas plus ému du coût de 8,36 mds EUR de la licence UMTS décrochée par sa filiale MobilCom en Allemagne: «Nous sommes dans le plan de financement que nous avions considéré au moment du rachat d'Orange. France Télécom, avec Orange, sera candidat à des licences UMTS dans d'autres pays, en Suède, en Italie et en Pologne.» Michel Bon a enfin réitéré l'intérêt de son groupe pour un rachat éventuel par Orange de l'opérateur finlandais Sonera: «Lorsqu'une affaire mobile est en vente, il serait absurde qu'Orange ne regarde pas le dossier donc, oui, Orange va regarder.»