Caran d'Ache veut intensifier sa présence au niveau international. L'an passé, le fabricant genevois de stylos, plumes et crayons a déjà posé les premiers jalons de son expansion hors des frontières et entend poursuivre sa campagne dans les années à venir. «Notre principal objectif dans les cinq prochaines années est de renverser la part de l'exportation dans notre chiffre d'affaires», a indiqué dans un entretien Silvio Laurenti, directeur général de Caran d'Ache. La société réalise un tiers de ses ventes à l'international mais le chiffre n'est pas «encore» communiqué. La rentrée des classes, «représentant 10% du chiffre d'affaires total», reste un moment clé pour Caran d'Ache. Un marché de 300 000 francs a été passé cette année avec l'Etat de Genève. D'autres ont été signés avec les cantons de Vaud, Neuchâtel, Fribourg comme en Suisse alémanique pour les fournitures des écoliers.

Pour Silvio Laurenti, l'enjeu se trouve désormais hors de Suisse. «Nous devons changer l'approche de nos collaborateurs et bâtir un groupe qui pourra mieux développer l'activité à l'export. Mais s'ouvrir au monde, c'est accepter que l'on parle plus de vous.» L'arrivée aux commandes il y a moins d'un an de Silvio Laurenti, venu du groupe français Bic, confirme les ambitions internationales de Caran d'Ache. Deux nouvelles filiales à l'étranger ont été créées en 1999. En Allemagne, où elle retrouve ses principaux concurrents mondiaux – Faber-Castell, Staedtler et Schwan-Stabilo –, Caran d'Ache emploie 4 collaborateurs et plusieurs représentants. L'entreprise genevoise a également pris pied au Japon. «Cette filiale compte 10 collaborateurs sous la direction d'un Suisse, au Japon depuis vingt ans, complète Silvio Laurenti. Elle devrait constituer notre tête de pont en Asie.» Il n'exclut pas non plus une implantation industrielle asiatique, qui fabriquerait une gamme adaptée aux moyens des consommateurs locaux.

Le prochain objectif de Caran d'Ache est de passer à l'offensive aux Etats-Unis. «L'e-business, développé grâce à de nouveaux investissements informatiques, nous intéresse. C'est l'un des moyens de notre stratégie. Mais un changement de distributeur, en cours, nous ouvre des perspectives.» La société genevoise pourrait renforcer sa participation chez son importateur Caran d'Ache of Switzerland implanté à New York ou trouver de nouveaux partenaires. «Après le retour sur investissement attendu en Allemagne et au Japon, nous irons aux Etats-Unis, dans moins de cinq ans.»

Par ailleurs, Caran d'Ache veut se renforcer sur le marché en plein essor des «duty free». Une signature est en cours «avec un grand groupe international», précise son directeur général. La société participe activement aux salons spécialisés d'Orlando, Singapour, et Cannes qui se tient en octobre prochain. «Des contacts de première importance se nouent dans ces manifestations professionnelles.» Caran d'Ache envisage aussi d'ouvrir des «corners» dans des grands magasins ou des boutiques. Affichant une rentabilité de l'ordre de 5%, l'entreprise investit chaque année quelque 3 millions de francs dans son unité de production à Thônex (GE). Elle emploie 320 collaborateurs en Suisse et une vingtaine en France voisine, à Gaillard.