Prévoyance

«De profondes transformations sont en cours»

Greg Wolters, responsable de la clientèle «assurances» en Suisse auprès de Goldman Sachs, explique le rôle de sa banque dans l’assurance vie

Le Temps: Existe-t-il un avenir pour l’assurance vie traditionnelle?

Greg Wolters: Avec des garanties de rendement difficiles à atteindre, les produits traditionnels se développeront en fonction de l’évolution des taux d’intérêt. S’ils restent proches de 0% pendant dix ans, ce sera une catastrophe pour l’assurance vie. Mais les produits traditionnels, un peu comme la VW Golf, ne disparaîtront jamais complètement. De profondes transformations se préparent toutefois au détriment du segment traditionnel.

– Avec des taux d’intérêt très bas, les garanties menacent la rentabilité et la durabilité des compagnies. Existe-t-il des moyens de protection?

– Ces garanties correspondent effectivement à une option. Or il est possible de les évaluer sur le marché financier. Face au coût de ces garanties, d’autant plus chères que les taux d’intérêt sont bas et que la volatilité est élevée, les assureurs doivent se protéger par exemple à l’aide de programmes de couverture.

Les options destinées à se couvrir sont par exemple offertes par les banques d’investissement pour des durées d’un an à potentiellement 10 ou même 50 ans. Ce marché n’est toutefois pas très liquide. Le coût de ces options est très élevé en raison du niveau des taux d’intérêt et de la volatilité. L’assureur qui voudrait l’intégrer dans un contrat risque de ne pas être compétitif.

– Quel est le rôle de Goldman Sachs dans l’assurance vie individuelle?

– Goldman est une institution qui fournit des services de gestion de risques. Son revenu est dépendant de son savoir-faire et provient de l’évaluation et de la protection des risques. Dans les produits d’assurance vie individuels avec primes uniques non-traditionnels, Goldman Sachs offre la garantie de remboursement sur les risques de taux d’intérêt et de marché.

Goldman Sachs assiste à la conception du profil de rendement des produits d’assurance sur la base de sa technologie et de son expérience. Dans le produit établi en coopération avec Generali, une garantie a été intégrée dans l’assurance vie, mais l’assuré reçoit une garantie de remboursement à travers une stratégie appelée DynaMO. Celle-ci est le fruit d’un modèle quantitatif diversifié qui établit une allocation entre les classes d’actifs (actions, obligations, matières premières) ainsi qu’entre les régions, et ajoute une protection sous la forme d’un contrôle de la volatilité.

Un produit a aussi été lancé en coopération avec Helvetia, mais l’assureur a préféré assumer lui-même le risque de remboursement.

– Quel est l’intérêt des produits conçus avec les banques d’investissement?

– C’est une solution très efficiente sous l’angle des nouvelles réglementations de solvabilité (Swiss Solvency Test). Les exigences de fonds propres sont plus basses qu’avec les produits d’assurance vie traditionnels.

Ces produits non traditionnels sont intéressants parce qu’ils couvrent les risques de décès et intègrent une garantie de rendement, parfois offerte par les assurances, ainsi qu’un potentiel de hausse et un avantage fiscal (3a).

– Quel est le risque encouru par l’assuré?

– La critique peut provenir de la sucture de coûts. En général, les coûts des assurances vie non traditionnelles sont plus chers que les produits bancaires. Le risque de baisse du marché est limité par la garantie offerte par le produit. Dans le cas du produit Goldman Sachs (DynaMO), nous avons intégré un instrument de rééquilibrage entre les actifs sur base mensuelle et un contrôle de risque.

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