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Suite aux bouillons successifs qu’ont dernièrement pris les marchés financiers chinois, les entreprises et les dirigeants du pays se démènent pour limiter une hausse de pertes d’emplois.
© Andy Wong

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Le progrès et les pays émergents fabriquent plus de chômage qu’ils ne créent d’emplois

La situation sur le marché du travail, surtout en Chine, s’est aggravée ces derniers mois selon l’OIT. La 4e révolution industrielle en cours s’annonce destructrice, suscitant un nombre insuffisant de nouveaux métiers pour contrebalancer les réductions de postes

Dans la plupart des économies avancées, 2015 a été marquée par une croissance de l’emploi supérieure aux prévisions. Mais le ralentissement de l’économie mondiale l’an passé est porteur d’effets à retardement sur le marché de l’emploi en 2016. Dans un rapport publié mardi, l’Organisation internationale du travail (OIT) prédit une hausse du chômage à travers le globe. Le phénomène serait particulièrement prononcé dans les économies asiatiques émergentes, les pays arabes exportateurs de pétrole et africains.

«L’œil du cyclone de la crise s’est surtout déplacé vers la Chine», estime Raymond Torres, directeur du département de recherche de l’OIT et cheville ouvrière de l’étude. Pékin est en effet engagé dans une profonde transition de son économie, toujours très dépendante des exportations, en faveur de sa demande interne. «Ce processus est plus chaotique que prévu», résume le spécialiste. Phénomène auquel s’ajoute la fin d’un cycle économique en Amérique latine, Brésil en tête, aggravant la situation générale.

Le nombre de personnes sans emploi dans le monde devrait ainsi s’accroître de 2,3 millions cette année, d’après l’OIT. Pour atteindre la barre des 212 millions de chômeurs en 2019. Ceci, dans un contexte mondial caractérisé par des taux d’intérêt bas, des programmes d’injection de liquidités ayant aggravé les mouvements de capitaux et des politiques de l’emploi sacrifiées sur l’autel de l’austérité budgétaire. Mais aussi une chute des prix des matières premières, une pénurie de la demande et un excès d’épargne, ainsi que des incitations lacunaires à investir dans l’économie réelle (financiarisation de l’économie), ou encore des incertitudes liées à une fluctuation inédite des taux de change, dénonce l’entité basée à Genève.

Classe moyenne réduite

L’apathie de l’appareil productif mondial et l’instabilité financière qui l’accompagne engendrent des turbulences en termes d’investissements, détériorant la qualité de l’emploi déjà jugée globalement médiocre par l’OIT. Plus grave: ce contexte provoquerait aussi un ralentissement, voir un coup d’arrêt de l’augmentation tendancielle de la classe moyenne à l’échelle planétaire. L’institution basée à Genève anticipe en conséquence une montée en flèche des troubles sociaux, corollaire direct du creusement des inégalités de revenus.

Selon Guy Ryder, directeur de l’OIT, «une erreur serait de croire qu’un redressement de la croissance économique mondiale pourra régler tous les problèmes.» Car la 4e révolution industrielle, si elle devait reposer principalement sur une dynamique de dérégulation, devrait à l’horizon 2020 coûter cinq millions d’emplois – sept millions d’emplois à la trappe, pour deux millions de nouveaux métiers créés, d’après le Forum économique mondial, dont le sommet annuel à Davos débute ce mercredi.

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