Google et Facebook ont un point en commun: aucun des deux ne fournit d’indications financières sur les trimestres à venir. Si les investisseurs le pardonnent à Google, ce manque de visibilité inquiète les actionnaires de Facebook. Jeudi soir, quelques minutes après l’annonce de ses résultats pour le deuxième trimestre, son action chutait de 12% dans les transactions d’après-bourse. Dans la journée, le titre avait déjà perdu 8,5%. Vendredi, à mi-séance, il reculait de 16% pour flirter avec les 22,5 dollars, en recul de près de 40% depuis son entrée en bourse mi-mai.

Comme attendu, le chiffre d’affaires a progressé de 31%, à 1,18 milliard de dollars. Comme pressenti, certes, mais il s’agit de la plus faible progression du chiffre d’affaires depuis début 2011. Facebook compte avant tout sur la publicité (84%) pour ses recettes, l’essentiel du solde étant lié à la plateforme des paiements réalisés sur le site. Comme craint en mai, la croissance de Facebook sur les téléphones mobiles ne tire pas en avant celle des revenus. Exemple: lors du dernier trimestre, le nombre de publicités affichées aux Etats-Unis a crû de 2%, alors même que le nombre d’utilisateurs quotidiens augmentait de 10%.

L’entreprise de Mark Zuckerberg cherche toujours à «monétiser» ces utilisateurs mobiles qui ne cessent de croître: en un an, le nombre total d’utilisateurs quotidiens a augmenté de 29%, à 955 millions de Terriens, alors que celui sur mobiles explosait de 67%, à 542 millions. Lors de la conférence téléphonique, tant Mark Zuckerberg que Sheryl Sandberg, directrice opérationnelle, ont insisté sur les défis que représentent ces petits écrans où les annonceurs peinent à trouver leur place – Sheryl Sandberg a ainsi affirmé que Facebook devait «éduquer les entreprises pour annoncer au mieux sur Facebook».

La société se retrouvera face à un défi plus important encore cet automne, lors de la sortie de la version 6 du système d’exploitation iOS pour iPhone et iPad. Apple a en effet décidé d’inclure Facebook dans son système – comme il l’avait déjà fait pour Twitter, ce qui devrait doper l’utilisation de Facebook sur mobile.

«Histoires sponsorisées»

Facebook tente d’améliorer le nombre de clics sur les annonces. La firme a ainsi lancé des «sponsored stories» («histoires sponsorisées») qui s’affichent directement dans le fil d’actualité de l’utilisateur. Selon Mark Zuckerberg, les clics liés à cette innovation rapporteraient actuellement 1 million de dollars par jour à Facebook.

Côté résultat net, la société a affiché une perte de 157 millions de dollars sur le trimestre, due au traitement comptable de stock-options accordées aux employés et aux taxes liées à ces rémunérations, qui ont totalisé 1,3 milliard. Mais aucun mot sur le futur. Et, comme le résumait un analyste cité par Bloomberg, «un peu d’indications sur les revenus à venir, un peu d’optimisme sur les performances futures auraient été appréciés».