Le projet de ligne Galmiz-Mathod est abandonné

Le gestionnaire du réseau de transport a complètement revu la planification d’extension et de renforcement des lignes électriques qui avait été envisagée en 2009. «Les facteurs techniques, sociaux, économiques et politiques ont considérablement changé», explique Pierre-Alain Graf, patron de Swissgrid.

La sortie du nucléaire est un élément nouveau, de même que la surcapacité de production en Europe et une forme de décentralisation de la production d’électricité avec l’arrivée des énergies photovoltaïque et éolienne.

Swissgrid a abandonné une grille d’analyse purement technique pour se concentrer davantage sur des critères économiques et de rapport coût-bénéfice des investissements nécessaires. Les priorités ont aussi été resserrées sur 10 ans. Le «réseau stratégique 2025» présenté jeudi à Zurich efface ainsi de la carte la ligne Galmiz-Mathod, anciennement Galmiz-Verbois. Cette liaison entre la Suisse alémanique et la Suisse romande, longtemps qualifiée de stratégique, ne l’est plus depuis la disparition des cartons du projet de centrale nucléaire à Verbois (GE) et la récente décision de fermer celle de Mühleberg (BE).

Axe nord-sud prioritaire

Le report aux calendes grecques du projet de centrale thermique à Chavalon (VS) a aussi joué un rôle, de même que la diminution des importations de courant nucléaire français. L’axe nord-sud est devenu beaucoup plus important que l’axe est-ouest.

Le réseau stratégique 2025 repose sur des besoins d’investissement de 2,5 milliards de francs pour 650 kilomètres de lignes, dont 245 sous forme d’extension du réseau. Le tronçon Chamoson-Chippis reste stratégique pour exporter le courant des barrages valaisans. Comparé à l’ancienne planification, plus de 220 kilomètres de lignes ne sont plus ­jugés nécessaires. De nouveaux investissements seront indispensables dès 2025 pour intégrer davantage d’énergie photovoltaïque.