La perspective d’une hausse des taux d’intérêt américains a coûté des milliards de francs à la Banque nationale suisse (BNS) en novembre dernier. Cette dernière est intervenue pour éviter une nouvelle surévaluation de la monnaie helvétique face à l’euro.

Publiées hier, les statistiques sur les réserves de devises détenues par la BNS ont montré un bond de 17,644 milliards de francs entre le 31 octobre et le 30 novembre. Cela correspond à une progression de 2,8% sur un seul mois. Ces réserves atteignent désormais 647,994 milliards de francs, pratiquement l’équivalent du produit intérieur brut. Les deux mois précédents n’avaient vu que d’infimes variations de ces mêmes réserves.

La BNS achète des devises

Une partie de la hausse de novembre est due aux effets de change: la progression du dollar (+3,63% en novembre) face au franc suisse a mécaniquement renchéri la valeur des actifs libellés en monnaie américaine. Mais le solde est le résultat des acquisitions de devises – surtout des euros – par la BNS afin de freiner la hausse du franc face à la monnaie unique.

Ce solde s’élève à 11,597 milliards de francs, le résultat de la progression des avoirs en compte de virement entre le 28 octobre et le 25 novembre. Ces avoirs en compte correspondent à la hausse des dépôts à court terme des banques commerciales auprès de la BNS et sont les canaux employés habituellement par la banque centrale pour procéder à ses achats de devises. Ces comptes ne fournissent toutefois pas une valeur absolue du volume des interventions car ils servent également à d’autres usages.

La hausse des taux se profilait

Néanmoins, l’essentiel de la progression (10,237 milliards de francs) s’est fait la troisième semaine de novembre. Le moment où le dollar s’est le plus raffermi face à l’euro, plaçant le franc suisse dans la position inconfortable d’une devise européenne tirée vers le haut par la force du billet vert.

Cette hausse a été due à la conviction croissante des marchés des changes d’une hausse des taux d’intérêt par la Fed le 14 décembre, lors de sa dernière séance de l’année. Perspective brouillée au début du mois en raison des incertitudes consécutives à l’élection de Donald Trump à la présidence américaine, puis levée suite à la publication de bons chiffres conjoncturels.