Le marché romand est le plus dynamique de Suisse en matière de voyageurs d’affaires. Genève Aéroport a enregistré, l’an passé, 1,14 millions de passagers – sur quelque 15 millions de voyageurs – volant en «business class», contre 875 000 pour la plateforme zurichoise, qui compte plus de 25 millions de clients par an, soit le chiffre que devrait atteindre Cointrin à l’horizon 2030).

Cet engouement supérieur à Cointrin, dont fait état une étude publiée mercredi par Travel management (filiale helvétique d’AirPlus International, prestataire de mobilité professionnelle pour les entreprises) concerne les trajets en Europe. Mieux: en matière de déplacements intercontinentaux, Genève affiche même un taux de 14% de femmes d’affaires, alors qu’outre-Sarine, elles sont 9,3% à choisir un vol en «business class».

Le rôle des organisations internationales

Comment expliquer cet écart? «Il faut sans doute y voir la conséquence des nombreuses organisations internationales, prestataires de services mondialisés et autres entreprises financières ou industrielles transfrontalières implantées autour du canton de Genève», résume Betrand Stämpfli, porte-parole de Cointrin. Les hauts fonctionnaires et les cadres de multinationales voyagent en effet plus volontiers en classe supérieure.

Ce à quoi s’ajoute une croissance supérieure de l’aérogare genevoise (4 à 5% l’an), comparé au tarmac zurichois (environ 2,5%). Cette performance est d’autant plus significative, que la plupart des plateformes européennes alentours accusent une stagnation, voire un recul de leur fréquentation. «Ce n’est pas un hasard si Swiss, après avoir déserté le canton en 1996, est revenu en force depuis plus d’un an. Ce redéploiement est la conséquence d’un fort potentiel de développement identifié depuis plusieurs années déjà dans la région», indique Bertrand Stämpfli.

A Zurich, des taxes dissuasives

Alors que Zurich attire actuellement 30% de trafic de transfert vers des hubs étrangers, contre environ 6% pour Genève, la plus grande aérogare du pays exige de ses passagers locaux (hors transit) une redevance de 37 francs, en baisse toutefois de 4,40 francs depuis deux ans, mais qui remontera à 38,50 francs dès 2017. Genève, elle, propose une taxe allégée de 23,25 francs par voyageur au départ, depuis juin de cette année.

Pour toutes les raisons qui précèdent, «le potentiel de développement d’AirPlus en Suisse occidentale reste élevé», souligne Klaus Stapel, directeur de l’entité qui émet notamment 900 000 billets d’avion par an, pour une dépense de 30 à 40 millions de francs de la part de ses clients. Ceci, même avec le franc fort. Depuis le 15 janvier dernier, les entreprises cherchent à voler à moindre prix, relève AirPlus. Bilan: ces six derniers mois, les déplacements aériens en Europe ont diminué de 2,5%. Ce qui n’empêche pas Genève Aéroport de continuer à devancer Zurich en termes d’attractivité pour les voyages en supérieure.