immobilier 

Les propriétaires ont économisé un demi-milliard l’an dernier

Les taux bas continuent d’avantager les logements en propriété plutôt qu’en location. Pourtant, la demande est freinée par les durcissements réglementaires, constate une étude de Credit Suisse

L’équation est simple et elle perdure: acheter un logement est toujours moins cher que de le louer. Entre propriétaires et locataires, la différence se monte à 18% en moyenne, selon une étude de Credit Suisse publiée mardi.

Les taux sont toujours historiquement bas. Le taux hypothécaire moyen a baissé de 1,56 à 1,47% en l’espace d’un an, selon la banque. Ainsi, la charge moyenne des intérêts a baissé de 245 francs, pour s’établir à 5181 francs. A l’échelle suisse, les propriétaires disposaient ainsi de 514 millions de francs supplémentaires l’an dernier.

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Mais les entraves réglementaires mises en place ces dernières années pour éviter la surchauffe déploient leurs effets. La limitation de l’utilisation du 2e pilier ainsi qu’une plus grande prudence des banques – mises sous pression par les nouvelles règles prudentielles – dans l’estimation des biens convoités par les acheteurs freinent la demande. Ainsi, en 2018, le nombre de permis de construire accordés a baissé de 11,4% pour les maisons individuelles et de 4,5% pour les appartements en PPE (propriété par étages).

Des loyers en baisse

Ainsi, le taux de logements en propriété, actuellement à 39%, devrait reculer cette année et probablement au cours des deux prochaines. Une telle tendance était déjà visible en 2018, via l’évolution du volume hypothécaire des ménages privés, qui a connu une croissance nominale de 2,7% seulement – à peine moitié moins que la moyenne à long terme depuis 1985.

Le phénomène est également alimenté par le fait que sur le front des loyers le recul se confirme. Cette année, ils devraient encore décliner de 1 à 2%, selon Credit Suisse.

Ils baissent parce que les promoteurs privilégient les logements locatifs, explique encore la banque. Ceux-ci présentent un double avantage: des temps de commercialisation plus courts et un intérêt plus marqué de la part des investisseurs institutionnels qui, en raison des taux bas sur le marché des capitaux, préfèrent miser sur la pierre pour placer leurs avoirs.

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