Hongrin-Léman

Propriété partagée

A l’exception du barrage de Salanfe, Alpiq n’est pas entièrement propriétaire des ouvrages mis en vente

Vendre des barrages? C’est vite dit, mais la réalité est beaucoup plus complexe. A l’exception du barrage de Salanfe, au pied des Dents du Midi, Alpiq ne possède entièrement aucune des 18 installations hydroélectriques qu’elle offre à la vente, à hauteur de 49%.

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Les barrages étant des installations coûteuses et un investissement qui a toujours été considéré comme à haut risque financier, la charge a été partagée entre différents partenaires publics et semi-publics. Ces derniers possèdent du même coup les droits liés à la production électrique annuelle délivrée par l’installation.

Lorsque Alpiq, successeur d’EOS en Suisse romande, dit qu’il dispose d’un portefeuille de production de 5 milliards de kWh par an, dont 49% est ouvert à la vente, il s’agit de ses parts cumulées dans 18 ouvrages, mais pas de la totalité de la production des centrales hydroélectriques concernées.

La Suisse dispose de 571 centrales hydroélectriques, dont 86 rattachées à des barrages en montagne, et 14 qui permettent d’inverser le cours de l’eau (pompage-turbinage). La production annuelle représente 35,8 milliards de kWh.

Quoi qu’il advienne, les barrages délaissés par Alpiq ne passeront donc pas majoritairement en mains étrangères. Dans la quasi-totalité des cas Alpiq est en effet actionnaire minoritaire, et ne cède que 49% de sa part.

L’arrivée massive d’investisseurs étrangers, à supposer qu’ils jugent leur placement rentable à long terme, est quasi impossible en raison de cette dispersion de propriété, mais également à cause des contrats qui lient les partenaires.

Un droit de préemption en faveur des autres actionnaires propriétaires des installations limite en effet un transfert d’actions en main de nouveaux investisseurs extérieurs.

C’est cette complexité du régime de propriété qui explique qu’Alpiq se propose de créer une société de participations regroupant sa mosaïque de parts de barrages, avant d’en céder 49% globalement, au lieu d’entrer en matière sur la vente de la moitié de sa part dans tel ou tel barrage.

Prenons l’exemple du barrage de l’Hongrin. Relié au Léman, il est doté d’une installation de pompage-turbinage dont la capacité est en train d’être doublée par des travaux devisés à 331 millions de francs, payés en partie par Alpiq, qui possède 39,3% de l’installation. Moins de 20% de cette installation est donc placée dans le portefeuille de vente d’Alpiq. L’actionnaire principal est Romande Energie (41,1%). Groupe E (Fribourg-Neuchâtel) possède 13,1%, et la ville de Lausanne 6,43%.

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