Technologie

Protection de données: le suisse Veeam lève un demi-milliard de dollars

L’entreprise zougoise spécialisée dans la sauvegarde et la restauration des données profite de l’explosion de la demande mondiale pour ces services

C’est une levée de fonds d’un montant rarement atteint en Suisse qu’a réalisé cette semaine Veeam. Basée à Baar, dans le canton de Zoug, l’entreprise a levé 500 millions de dollars (autant en francs). Cette société est spécialisée dans la sauvegarde et la restauration de données pour les entreprises, un domaine en pleine expansion au niveau mondial.

La société américaine de capital-risque Insight Venture Partners, déjà présente au sein du capital de Veeam, a mené ce tour de table, aux côtés de l’Office d’investissement du régime de pensions du Canada. Les 500 millions levés doivent permettre à l’entreprise de poursuivre son expansion, voire de procéder à des acquisitions. Veeam, qui ne communique pas le montant de sa valorisation, ne prévoit pas d’entrer en bourse.

Clients en Suisse

L’entreprise, inconnue du grand public, a été fondée en 2006 en Suisse par l’entrepreneur russe Ratmir Timashev, aujourd’hui vice-président pour le marketing et les ventes. Veeam revendique, pour 2018, un chiffre d’affaires d’environ un milliard de dollars et plus de 325 000 clients, dont Volvo, Norwegian Cruise Line, l’aéroport de Gatwick ou encore Scania. La société affirme que 82% des entreprises présentes dans le classement Fortune 500 sont ses clientes.

En Suisse, l’entreprise compte 12 000 clients, dont Bâloise Assurances et la Haute Ecole spécialisée du nord-ouest de la Suisse. «Cette année, nous prévoyons un cash-flow de 300 millions de dollars et un bénéfice de 100 millions», a affirmé Ratmir Timashev à l’agence Bloomberg.

Environ 2000 employés

L’entreprise compte environ 2000 employés au niveau mondial. Contactée, Veeam ne communique pas le nombre de collaborateurs en Suisse et affirme qu’une majorité d’entre eux est basée dans la zone EMEA (Europe, au Moyen-Orient et en Afrique). Pourquoi avoir établi son siège en Suisse? «Nous avons opté pour l’Europe afin de créer une culture internationale, et spécifiquement en Suisse pour bénéficier des talents qui se trouvent ici et dans les environs. C’est aussi un très bon point central en Europe pour gérer les différents fuseaux horaires dans lesquels nous travaillons», explique Douglas Chechele, directeur pour la Suisse, qui affirme que les raisons fiscales n’ont pas pesé dans la balance.

Plusieurs concurrents de Veeam ont aussi procédé récemment à des tours de table. Cette semaine, la société américaine Rubrik a levé 261 millions de dollars, ce qui la valorise à 3,3 milliards de dollars. En juin dernier, la firme californienne Cohesity levait de son côté 250 millions de dollars.


En difficulté, Evernote quitte Zurich

Evernote était encore présentée il y a peu comme une success story par l’organisme de promotion économique Great Zurich Area. L’entreprise californienne, spécialisée dans la prise de notes numérique et le travail collaboratif, a employé jusqu’à 25 collaborateurs à Zurich. Mais Evernote a quitté la Suisse, annonce cette semaine l’hebdomadaire HandelsZeitung.

En difficulté, Evernote a décidé de fermer tous ses bureaux à l’étranger – au Japon, en Inde et donc en Suisse – pour concentrer ses activités au siège de Redwood en Californie. La société avait licencié 15% de ses effectifs, soit 54 personnes, l’automne dernier, tout en baissant certains de ses tarifs de 40%. Valorisée un temps 1,2 milliard de dollars, Evernote compte environ 220 millions d’utilisateurs. La majorité ne paie rien et l’entreprise peine à les convaincre d’opter pour des offres payantes. A.S.

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