Depuis mars 2003, les clients pouvaient s'informer au sujet de quelque 6000 intermédiaires financiers pour savoir s'ils étaient affiliés à un organisme d'autorégulation et en droit d'exercer leur activité. Celà grâce au moteur de recherche du site internet de l'Autorité de contrôle en matière de blanchiment d'argent (ACBA). Cette transparence a été de courte durée. Suite au recours de 800 intermédiaires contre la mise à disposition de ces informations, l'Autorité a dû supprimer le moteur de recherche le 25 mai, en vertu de la loi sur la protection des données. «Cette décision est regrettable car elle nuit à la transparence», estime Judith Schmidt, cheffe suppléante de Dina Balleyguier à l'ACBA.

Utilisé plus de 3000 fois par mois, cet outil déchargeait en outre efficacement l'Autorité, qui doit désormais répondre à toutes les demandes individuelles par téléphone.

L'Autorité entend contre-attaquer en lançant une modification législative, «mais ce ne sera pas pour demain, estime Judith Schmidt: il faudra modifier la LBA et l'Ordonnance RS 955.18 qui règle la gestion du registre des intermédiaires».

A l'Association suisse des gérants de fortune (ASG), aucun membre n'avait fait opposition: «Nos gérants de fortune ont pignon sur rue», relève Maurice Baudet, directeur général de l'ASG. Leurs adresses figurent déjà sur le site internet de l'association. «On peut néanmoins comprendre que la publication de ces données puisse poser problème pour un avocat soumis au secret professionnel dans sa fonction et exerçant par ailleurs le métier d'intermédiaire financier.»

«Ceux qui s'y sont opposés estiment ne pas être protégés par le secret professionnel comme les banques, dont la liste figure sur le site de la CFB, et craignent d'être importunés par les autorités étrangères au sujet de leurs clients étrangers lorsqu'ils passent la douane, explique aussi Jean-Pierre Diserens, membre du conseil du Groupement suisse des conseils en gestion indépendants (GSCGI). Pour ma part, je préfère que nos clients aient accès à ces listes et sachent que nous sommes réglementés.»