* Head Public Distribution, Commerzbank Zurich

Les marchés des devises s’inscrivent à l’heure actuelle dans le sillage du fameux «Hildebrand put». Début septembre, le président de la BNS Philipp Hildebrand, qui a depuis lors démissionné, avait fixé un cours plancher pour l’euro. Depuis lors, la paire de monnaies EUR/CHF n’est plus retombée sous la barre fixée de 1,20 franc pour 1 euro. Les investisseurs qui misent sur des avancées de la monnaie unique bénéficient, pour une durée indéterminée, de la couverture de cette position assurée par la Banque nationale, et ce quasi gratuitement.

Les marchés des actions ne peuvent que rêver d’une telle couverture en blanc. Sachant que, lorsqu’on observe les cours, on voudrait de toute façon croire que dans le contexte actuel une couverture du dépôt n’est pas nécessaire. Depuis des mois, SMI & Co sont orientés à la hausse. Concrètement, le principal indice helvétique s’est repris de plus d’un tiers depuis son plus bas d’août 2011. Les taux extrêmement bas, l’abondance de liquidités et l’embellie des indicateurs conjoncturels offrent, semble-t-il, le terreau optimal pour les investissements en actions. Et pourtant, on ne saurait balayer les risques d’un revers de la main. Outre un nouveau retour de flamme de la crise de la dette européenne, un ralentissement de la croissance, notamment en Chine, pourrait peser sur le sentiment de marché.

La couverture du portefeuille est donc une bonne idée, et pas seulement dans ce contexte. Elle pourrait également être intéressante pour protéger tout ou partie des bénéfices engrangés. Les investisseurs désireux de mettre leur dépôt à l’abri des intempéries font face à une foule de possibilités. Les Exchange Traded Funds (ETF) (courts) sont devenus incontournables dans le paysage des investissements. Le ShortDAX constitue un sous-jacent très apprécié des investisseurs (dans ces fonds). Ce baromètre, calculé par la Deutsche Börse, représente l’évolution de l’indice des actions allemand de manière inversée. Cependant, une couverture durable d’un dépôt composé de valeurs vedettes allemandes à l’aide de ces ETF n’est pas aussi simple que cela. La cause: le calcul du ShortDAX est effectué sur une base quotidienne. Ainsi, un écart a tôt fait de se creuser entre la position à couvrir et l’indice de base. Pour le combler et réaliser durablement l’évolution de valeur exactement inverse, le portefeuille d’ETF devrait être adapté au jour le jour – ce qui n’est pas une mince affaire. Laquelle est compliquée par le fait que le DAX et le ShortDAX s’écartent l’un de l’autre en termes de niveaux absolus. Les «ETF baissiers» sont cependant intéressants pour les stratégies directionnelles sans considération de couverture. Non seulement parce que les investisseurs peuvent y tenir compte de baisses des cours, à faible coût et dans un manteau de fonds protégé par la loi. Parallèlement, l’obligation des Market Makers ETF de coter des prix sur le marché a un effet bénéfique sur la liquidité des ETF par rapport aux certificats short tracker. Notamment en temps de crise, un négoce sans à-coups présente une immense importance.

Mais revenons-en à la couverture: une couverture efficace d’un dépôt peut être conçue à l’aide de warrants. Lorsqu’on a par exemple investi dans des valeurs du SMI, on peut aisément immuniser ce capital contre des reculs des cours grâce à un put en direction de l’indice directeur. Pour ce faire, il s’agit de diviser la valeur du dépôt par le niveau de l’indice et, lors de l’étape suivante, d’intégrer la parité de souscription des warrants. En achetant le nombre de warrants ainsi calculé, les investisseurs se parent, pendant la durée du put, contre les baisses des cours. A cet égard, le prix d’exercice constitue un levier majeur. Plus le strike se situe au-dessous du niveau actuel de l’indice, plus le hedge est abordable. Cependant, la couverture n’intervient que lorsque les cours baissent. La charge constituée par les warrants est comparable à une prime d’assurance. Elle peut être perdue si les cours ne baissent pas. Cependant, un dépôt SMI ne subit pas non plus de «préjudice».

Une telle assurance peut aussi être appliquée pour se protéger contre les fluctuations des devises. Si elle est construite sur mesure, elle permet même de neutraliser l’influence des évolutions de cours du sous-jacent sur le warrant, appelé, en jargon, delta. Un tel ajustement de précision n’est pas possible, pour un hedging, à l’aide de la volatilité. Malgré tout, l’amplitude de fluctuation des cours implicite est de plus en plus appréciée des investisseurs en tant qu’instrument de couverture et de diversification. La volatilité reflète, en pourcentage, l’amplitude de fluctuation attendue, au cours d’une période déterminée, des cours des titres. Une caractéristique centrale de cet indicateur de risque est sa corrélation fortement négative avec les cours des actions. On le constate au niveau des indices de volatilité comme par exemple le VSTOXX. Il reflète les amplitudes de fluctuation des cours escomptées dans l’Eurostoxx 50, mais n’est pas directement investissable. Les certificats Faktor peuvent alors être très utiles. Ces produits inédits participent, avec ou sans levier, à l’évolution du contrat à terme le plus proche de l’échéance sur le VSTOXX. Compte tenu de l’environnement boursier positif, la volatilité affiche actuellement un niveau relativement bas. Les investisseurs qui ne font pas confiance au climat positif et songent à ce hedge d’un type particulier font donc face à des conditions relativement favorables.

Elle pourrait également être intéressante pour protéger tout ou partie des bénéfices engrangés