Le 1er juillet 2005, Providentia changera de nom et deviendra Mobilière Suisse société d'assurances sur la vie, parachevant ainsi son intégration au sein du groupe coopératif basé à Berne. Pas question en revanche de déménagement: la filiale de La Mobilière spécialisée dans les assurances vie restera à Nyon, où elle occupe 220 personnes, auxquelles s'ajoutent 130 collaborateurs pour les autres activités du groupe (No 1 suisse des primes choses).

Dans un marché de l'assurance vie stagnant, l'actuelle Providentia a tiré son épingle du jeu en 2003, selon les données fournies par l'Office fédéral des assurances privées. Avec 151 300 clients, elle a augmenté son volume assuré de 2,2 milliards de francs, contre 2 milliards pour Rentenanstalt (Swiss Life) et 1,5 milliard pour Zurich Vie – «une dynamique qui n'a pas encore été reconnue par le marché», relève son directeur Daniel Loup. Après s'être désengagée des affaires de prévoyance directe LPP, elle reste néanmoins active dans le deuxième pilier en réassurant 42% des institutions de prévoyance semi-autonomes. Providentia est également leader dans les assurances risques et occupe une position dominante dans les assurances vie liées à des fonds.

La baisse continue des taux d'intérêt ainsi que l'explosion des rentes d'invalidité (+400% depuis 1980) «donnent des cheveux gris à l'ensemble des acteurs et exige une gestion extrêmement professionnelle pour mettre sur le marché des produits dont la rentabilité soit garantie à long terme», ajoute Daniel Loup.

Une hiérarchie des plus plates

Dans ce contexte, il pense pouvoir croître plus vite que les concurrents grâce au 1,3 million de clients de La Mobilière, à l'image de marque renforcée depuis quelques années par une campagne publicitaire originale – les fameux croquis-gags de sinistres sur papier quadrillé – et enfin la réorganisation complète du groupe dont la hiérarchie est devenue une des plus «plates» du secteur. Sur ce point, Urs Berger, président du comité de direction de La Mobilière, a précisé mardi à Nyon que le programme de réduction des coûts a atteint ses objectifs, «nos frais étant désormais à la même hauteur que ceux de la concurrence».

Urs Berger a également souligné les avantages des mutuelles – «pas besoin de nous demander comment répartir les bénéfices entre actionnaires et assurés: ce sont les mêmes» – et souligné qu'un quart environ des grands assureurs européens sont organisés selon ce modèle. A propos de bénéfices, celui de La Mobilière a atteint 84,4 millions de francs au premier semestre (+11,3%), tandis que le volume des primes baissait de 2% à cause du désengagement dans la prévoyance directe LPP.

Les assurances dommages (1,85 milliard de volume de primes en 2003) restent l'activité principale de la société. Bruno Kuhn, responsable de cette unité, souligne le rajeunissement du portefeuille, la part des clients de moins de 26 ans ayant passé de 8 à 16% en dix ans. Les résultats du 3e trimestre sont «meilleurs qu'attendus». La spirale des coûts liée aux accidents de voiture semble avoir été freinée. Ce n'est pas le cas en revanche pour ceux découlant d'accidents extra-professionnels, notamment dans le sport.