Les acquisitions étaient omniprésentes hier, lors de la présentation des résultats d'ABN Amro: celles que la cinquième banque européenne recherche, et celle qui lui cause quelques soucis.

L'an dernier, deux banques en Europe ont échappé à ses tentatives de rachats: la Générale de Banque et le CIC. Contraint par son petit marché domestique de se renforcer à l'extérieur, l'ABN Amro poursuit sa recherche de candidats dans la zone Euro et aux Etats-Unis. «En Euroland, le processus de consolidation des banques n'en est qu'à ses débuts. Nous n'avons donc pas raté le train. En ce moment, tous les patrons se rencontrent et discutent. J'en fais autant, notamment en France.»

Le nom de Banco Real a également longuement résonné au cours de la conférence de presse. Non, Jan Kalff ne «regrette pas» l'acquisition, au prix fort, de la quatrième banque privée brésilienne, même s'il concède qu'il aurait préféré qu'elle se soit déroulée plus tard. Car ce rachat a fait d'ABN Amro un acteur de poids sur ce marché en crise. L'an dernier, les provisions pour le Brésil se sont d'ailleurs montées à 250 millions de florins (environ 181 millions de francs). On est sans doute loin du 1,85 milliard de provisions totales pour couvrir notamment les problèmes en Indonésie, en Thaïlande, au Pakistan et en Russie. Mais, en ce qui concerne l'Asie, Jan Kalff croit que le plus gros de la crise est passé. Or, ce n'est pas le cas du Brésil. Là-bas, la situation et «les effets possibles de contagion vers l'Argentine, le Paraguay et le Chili», trois pays où la banque a de hautes ambitions, expliquent la formulation prudente des prévisions pour l'année en cours».

«Le directoire est confiant de pouvoir atteindre ses objectifs financiers», affirme-t-il, en mettant en garde contre «les risques» qui planent ces temps-ci sur les mar-chés financiers.

L'autre épine dans le pied du colosse néerlandais se nomme Banque d'Investissements. L'an dernier, le bénéfice avant impôts de cette branche a chuté de 38,3%, à 542 millions de florins (392 millions de francs). On comprend que le directoire cherche à «accroître la rentabilité de cette activité» et non à procéder à de nouvelles acquisitions.

Pour toutes ces raisons, et malgré les résultats de la branche Pays-Bas (un bénéfice avant impôts en hausse de 14,9%), et la bonne tenue de l'International grâce à l'Europe et surtout aux Etats-Unis, le bénéfice net du groupe n'a augmenté que de 4,5%, à 4 milliards de florins (environ 2,9 milliards de francs): un taux de croissance pour une fois éloigné de l'objectif annuel moyen de 12,5%. En Europe, Jan Kalff a mis en avant les «bons résultats de l'Allemagne, de la France et de la Suisse», où le bénéfice avant impôt a atteint 125 millions de florins (90 millions de francs).