Investissement

Prudence face aux sirènes de la bourse

Les entrées en bourse de sociétés technologiques se succèdent depuis quelques semaines à Wall Street, avec plus ou moins de succès, et elles vont continuer. Pourquoi une telle accumulation? Les investisseurs peuvent-ils en profiter?

La bourse américaine n’avait plus connu une telle activité depuis la bulle internet. Depuis janvier, les entreprises technologiques se bousculent pour faire leur entrée à Wall Street. Ces «licornes» – nom donné aux start-up valorisées au-delà de 1 milliard de dollars – devraient même lever un montant record de 138 milliards de dollars, selon la société de recherche CB Insights.

C’est davantage par leur taille que par leur nombre qu’elles se démarquent: elles ne devraient pas être plus d’une quinzaine à franchir le pas. Certaines font partie de notre quotidien (Uber, Airbnb, Slack, DropBox), d’autres sont nettement moins connues de ce côté-ci de l’Atlantique (le réseau social Pinterest, le service de conférence vidéo en ligne Zoom, le concurrent d’Uber Lyft etc.). Or il faut remonter à 2014 (Alibaba) ou 2012 (Facebook) pour approcher des montants similaires. La semaine dernière, Uber a levé un peu plus de 8 milliards pour atteindre une valorisation de 76 milliards avant que le cours ne chute. Quelques semaines plus tôt, l’«IPO» – dans le jargon – de Lyft lui avait fait atteindre une valeur de 20 milliards. En moyenne, toutes les entrées en bourse réalisées ou à venir sont évaluées à un peu moins de 10 milliards. Par contraste, Amazon et Yahoo! pouvaient sembler minuscules: 500 millions chacune au moment de leur arrivée à Wall Street, respectivement en 1997 et en 1996.