Automobile

PSA achète Opel à General Motors pour 1,3 milliard d’euros

Par cette acquisition, PSA va augmenter son périmètre d’un tiers, ajoutant le 1,2 million d’unités annuelles d’Opel aux 3,15 millions qu’il a immatriculées en 2016. Il devient le deuxième constructeur de véhicules en Europe

PSA a annoncé lundi être parvenu à un accord avec General Motors (GM) afin d’acquérir sa filiale automobile européenne déficitaire pour 1,3 milliard d’euros, ce qui va donner naissance au deuxième constructeur de véhicules du Vieux Continent.

Outre le rachat des marques Opel et Vauxhall, qu’il espère faire revenir dans le vert d’ici à 2020, PSA (marques Peugeot, Citroën et DS) va reprendre conjointement avec la banque française BNP Paribas la filiale financière de GM Europe pour 900 millions d’euros, a-t-il précisé dans un communiqué.

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«La valeur de transaction pour PSA, y compris Opel/Vauxhall et 50% des activités européennes de GM Financial, sera de 1,8 milliard d’euros», a souligné le groupe automobile français, qui a engrangé un bénéfice net de 2,15 milliards d’euros en 2016.

Déficit chronique

La division européenne de GM est en déficit chronique, ayant encore perdu 257 millions de dollars l’année dernière. Sur 16 ans, la facture s’élève à 15 milliards de dollars pour le colosse de Detroit. PSA vise de son côté un retour à la rentabilité d’Opel et Vauxhall dans les trois prochaines années.

«En tirant profit du partenariat fructueux conclu avec GM, PSA attend qu’Opel/Vauxhall atteigne une marge opérationnelle courante de 2% d’ici à 2020 et 6% d’ici à 2026, et génère un free cash-flow opérationnel positif d’ici à 2020», dit-il.

Opération bouclée d’ici fin 2017

PSA a dit s’attendre à voir l’opération bouclée d’ici à la fin 2017. Elle va augmenter son périmètre d’un tiers, ajoutant le 1,2 million de véhicules vendus annuellement par Opel (et Vauxhall au Royaume-Uni) aux 3,15 millions qu’il a immatriculés en 2016.

La transaction «inclut l’ensemble des activités automobiles d’Opel/Vauxhall, qui comprennent les marques Opel et Vauxhall, six usines de montage et cinq usines de production de pièces, un centre d’ingénierie (Rüsselsheim, Allemagne) et environ 40 000 salariés», détaille le communiqué. En revanche, «GM conservera le centre d’ingénierie de Turin, en Italie».

«En outre, Opel/Vauxhall bénéficiera toujours des licences de propriété intellectuelle de GM jusqu’à l’adaptation progressive de ses véhicules aux plates-formes de PSA dans les années à venir», a promis PSA.

Inquiétudes des syndicats

Les «synergies» promises par Carlos Tavares pour remettre Opel et Vauxhall à flot suscitaient des inquiétudes de syndicats sur la pérennité d’une partie des emplois. Le patron du nouveau groupe PSA-Opel s’est dit persuadé de pouvoir sortir Opel de l’ornière par les mêmes méthodes (rationalisation, chasse aux coûts…) qui ont permis de remettre PSA dans le vert, et a promis de conserver à la marque son identité, pierre angulaire d’une future stratégie commerciale.

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Cette recomposition du paysage automobile européen va alimenter les conversations des dirigeants du secteur, rassemblés mardi et mercredi aux journées de presse du salon automobile de Genève.

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