Le Temps: En tant que responsable financier, quelle réponse apportez-vous à l'évolution décevante des affaires de Roche l'an dernier?

Anton Affentranger: Nous ne sommes pas satisfaits de l'évolution des ventes ni de la rentabilité. Celle-ci s'explique par le caractère cyclique de notre portefeuille de produits. Mais c'est justement ce portefeuille qui devrait nous permettre de nous repositionner au niveau de l'ensemble de l'industrie, tant pour la croissance des ventes que pour la rentabilité. De plus, nous disposons des capacités financières pour faire face à cet aspect cyclique.

– Par des acquisitions?

– Plusieurs options sont possibles au vu des réserves disponibles. Que ce soit au niveau des acquisitions de produits ou des prises de licences («licensing in»). Notre puissance financière nous procure la flexibilité requise pour tirer profit des opportunités.

– Les charges de marketing ont bondi de 15% l'an dernier, sur base comparable, et celles de recherche et développement de 5%. Cette évolution va-t-elle se poursuivre?

– Non, les parts des charges de marketing et de la recherche devraient se stabiliser. Mais pour des produits encore en phase de lancement, les dépenses de marketing demeurent élevées pour positionner le produit sur le marché. Et je pense que c'est encore le cas pour le Xenical.

– La contribution du résultat financier sera-t-elle aussi élevée cette année? Cela va-t-il dépendre de l'évolution des Bourses?

– Les ressources financières disponibles sont affectées en priorité à l'optimisation opérationnelle de Roche. Nous ne faisons pas de la finance pour la finance!

– Comment réagissez-vous à la pente déclinante suivie par le titre Roche, face aux perspectives que vous venez de présenter?

– Le titre a perdu environ 15% l'an dernier et continue de sous-performer. Son cours actuel escompte les déceptions pour le premier semestre. Pour un investisseur, c'est une opportunité d'acheter, à un prix avantageux, le numéro un des diagnostics, le leader des vitamines et une société pharma qui occupe une position dominante dans plusieurs secteurs à valeur ajoutée. Même si Roche a connu un problème de croissance de sa gamme de produits et se trouve au creux du cycle dans la pharma.

Propos recueillis par P. K.