Métaux précieux

PX Group veut dépoussiérer le traditionnel lingot

Le groupe chaux-de-fonnier, spécialiste des métaux précieux, se lance dans la commercialisation de nouveaux «produits d’investissement» destinés au grand public

Certains représenteront la montée à l’alpage. D’autres, un tonnelet accroché au cou d’un St-Bernard. D’autres encore, le pont de Lucerne. Mais tous ces petits lingots d’or auront un point commun: ils porteront au verso la marque de PX Precinox.

Cette entité du groupe chaux-de-fonnier PX Group lancera officiellement au cours du mois d’octobre la commercialisation de lingotins en or massif pesant entre 1 et 100 grammes. Ces pièces seront commercialisées dans des bijouteries et des boutiques spécialisées pour un prix ajusté au cours du métal jaune (environ 40 francs le gramme actuellement, auxquels il faut rajouter les coûts de fabrication et la marge du distributeur).

Pour la société en mains familiales, le défi est double: il s’agit non seulement de «dépoussiérer» ce produit d’investissement avant tout destiné au grand public, mais aussi de se diversifier. «Cela s’inscrit dans la continuité de notre métier tout en nous offrant un bel outil de communication», se félicite le directeur général du groupe Philippe Chave.

Gérer les creux de l’industrie horlogère

Communiquer avec le grand public, ce groupe qui emploie quelque 300 personnes dans le haut du canton de Neuchâtel en a besoin. Il faut dire que ce leader de la transformation des métaux précieux ne travaillait jusqu’à aujourd’hui qu’exclusivement pour l’industrie. Et particulièrement pour l’horlogerie.

«En ce qui concerne les métaux précieux, nous réalisons entre 80 et 90% de notre chiffre d’affaires avec les plus grandes marques horlogères. Nous en profitons quand cela va bien, mais dans des périodes comme aujourd’hui, nous pouvons aussi faire face à de forts ralentissements. Il faut aussi savoir gérer ces creux», concède Philippe Chave. Par exemple en se diversifiant. «Nous l’avons déjà fait dans les métaux non-précieux, par exemple en décidant d’investir dans l’industrie médicale. Dans le même temps, nous recherchons des niches qui nous correspondent et qui sont à notre échelle.»

Crise de confiance

L’idée est donc d’offrir au grand public des produits d’investissement dans les métaux précieux «plus intéressants que les plaquettes sans émotions destinées aux petits investisseurs», explique Philippe Chave.

Le patron neuchâtelois ajoute que cette démarche s’inscrit dans un contexte de crise de confiance envers les investissements traditionnels. Surtout en cette période prolongée de taux d’intérêt négatifs: «L’or jouera toujours son rôle de valeur refuge. Certes, le pur investisseur ne voudra pas payer un centime de plus pour avoir un petit lingot frappé d’un St-Bernard, mais ce n’est pas à lui que nous nous adressons avec ces produits.»

Quand la société a lancé sa première série sous forme de simples petites plaquettes d’or, le patron les a trouvées «froides et insipides». D’où l’idée de les frapper de quelques illustrations renvoyant à la culture helvétique. L’or contenu dans ces lingots proviendra soit des mines avec qui travaille PX Group, soit des banques, soit du recyclage, notamment de produits horlogers.

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