Le système est entièrement automatisé. Lorsque le logiciel reconnaît une tendance, il envoie un signal d'achat ou de vente sur une centaine de marchés à terme, qu'ils soient des matières premières, des devises ou des produits financiers. Le risque maximum est limité à 2% par position. C'est l'idée de départ de Quadriga et de son fondateur et CEO, Christian Baha.

Le fonds, appelé Superfund, a démarré en 1996. Une particularité dans ce monde particulier des Futures, la société vise une clientèle grand public. Aujourd'hui, la performance sur dix ans montre que le concept était correct, selon Roger Gerber, directeur de Quadriga, à Zurich. La société, qui emploie 370 employés dans ses différents bureaux dans les principales capitales financières, dont huit à Zurich, gère 1,8 milliard de francs avec 50000 investisseurs. Le rendement du produit phare dépasse nettement l'indice des actions. Il atteint 19,2% par an en 10 ans, contre 8,8% par an pour l'indice correspondant (CTA). La meilleure année a certes été 1998 (+62%). Mais les hausses enregistrées en 2002 (+38%) et 2003 (+24%) sont plus impressionnantes, car les Bourses peinaient alors. La stratégie fonctionne à merveille quand les actions traversent une mauvaise passe. «Le système est le plus performant quand il reconnaît une tendance claire», précise Gerry Twerenbold. Malheureusement en 2005 et 2006, tel n'a pas été le cas. Le rendement est négatif de 3,3% et 9,6% ces deux dernières années.

Une diversification dans les «managed Futures» semble donc avoir beaucoup de sens. L'approche est clairement celle du rendement absolu. Les trois catégories de produits offerts aux investisseurs sont établies en fonction du risque de baisse maximum par position de 1%, 1,5% ou 2%. L'analyse des dix ans de Superfund montre qu'effectivement sur aucune période de trois ans le portefeuille n'enregistre une baisse. C'est également vrai pour l'indice des hedge funds (CSFB Tremont). Mais dans les bonnes périodes, les gains du Superfund sont bien supérieurs à ceux de l'indice. Roger Keller refuse le discours habituel qui veut que le petit investisseur doive se concentrer sur les actions et obligations. Une bonne diversification dans les CTA et un système automatique qui limite les risques de baisse constituent une offre attractive pour le grand public. D'ailleurs, il n'est pas exclu que de nouveaux produits semblables soient commercialisés en Suisse ces prochains mois.