Le 28 octobre, la société de gestion d’actifs genevoise Argos Investment Managers SA a annoncé son changement de nom pour Quaero Capital SA. En cause? «La volonté de se développer dans des marchés et des secteurs où son ancienne raison sociale pouvait entraîner des risques de confusion avec des marques existantes», expliquait un communiqué.

Rencontré la semaine dernière dans ses bureaux à deux pas de l’aéroport de Cointrin, Jean Keller, directeur et l’un des quatre associés de la société, nous a livré quelques précisions: «Nous avions un accord avec une autre société du nom d’Argos selon lequel nous nous engagions à ne pas œuvrer dans le domaine des infrastructures. Or, il s’avère que nous venons justement de lancer un fonds dans ce secteur avec 50 millions d’euros d’engagement.»

Voilà donc pour l’explication. Quaero – «je recherche» en latin – s’étend donc à de nouveaux secteurs. Ce nouveau fonds, géré par une équipe de trois personnes venues de la banque privée Edmond de Rothschild, a pour objectif final de lever 200 millions d’euros. «Nous croyons beaucoup aux partenariats public-privé (PPP), notamment au sein des Etats européens surendettés», précise Jean Keller, tout en rappelant que le plan Juncker a identifié 240 milliards de projets stratégiques d’infrastructures à soutenir d’ici 2017.

Pour Quaero Capital, dont le nouveau fonds vise des rendements de 12 à 13%, les PPP sont d’autant plus intéressants qu’ils revêtent un côté social cher aux caisses de pension. Fondée en 2005 à Genève, la société compte aujourd’hui 29 employés, dont 4 à Paris et 2 à Londres. Elle gère, pour le compte d’une clientèle institutionnelle uniquement, quelque 850 millions d’euros, dont 600 depuis Genève. Une clientèle qui vient pour moitié de Suisse, beaucoup de France et de Grande-Bretagne avec quelques fonds de pension américains.