Quatre conférences pour lire le futur du labeur dans le monde

Denis de Rougemont, Paul Ricœur, Raymond Aron, Maurice Merleau-Ponty, Jacques Attali, Régis Debray, Michel Butor, etc.: depuis 1946, les Rencontres internationales accueillent à Genève des intellectuels pour débattre de l’Europe et des mutations du monde. L’édition 2014, qui a réuni un public clairsemé, peut-être par manque de grandes têtes d’affiche – comme par exemple Matthieu Ricard l’an passé –, s’est employée à dessiner les lendemains du travail. La question a réuni des sociologues et des économistes pour quatre débats, placés sous la houlette du Genevois Philippe Burrin, président des Rencontres depuis quatre années.

Usure «psy» et physique

Mercredi soir, l’économiste français Philippe Askenazy a exploré la question de «l’usure au travail». Il relève que les enquêtes européennes indiquent une hausse des contraintes pesant sur le labeur, quel que soit le niveau de formation. «L’ouvrier, qualifié ou non, subit une hausse des contraintes liées à la qualité (qui sont de types cognitifs). Le chef de rayon travaille à flux tendu et finit par se blesser physiquement», a illustré ce chercheur du CNRS. Et de souligner qu’en Europe la hausse de l’espérance de vie «sans maladie incapacitante» est freinée.

Jeudi, Raymon Torres, le directeur de l’Institut d’études sociales du BIT, a évoqué le «travail dans le monde». Cette dernière conférence a été animée par Joëlle Kuntz, chroniqueuse au journal Le Temps, l’un des parrains de cette manifestation.