Transport

Les quatre défis de Dara Khosrowshahi, nouveau directeur d’Uber

Dara Khosrowshahi doit succéder à Travis Kalanick à la tête de la multinationale américaine. Il devra rétablir le calme parmi les 12 000 employés, rassurer les investisseurs, attaquer des concurrents bien implantés dans certains pays et viser, à terme, les chiffres noirs

C’est une surprise. Ni Jeff Immelt, ancien directeur de General Electric, ni Meg Whitman, directrice de Hewlett Packard Enterprise, ne prendra la tête d’Uber. C’est Dara Khosrowshahi, actuel directeur d’Expedia, qui doit diriger la société de mise en relation entre passagers et chauffeurs. Jamais le nom de ce fils d’immigrés iraniens n’avait été évoqué dans la course pour succéder à Travis Kalanick. Lundi, médias américains et spécialistes de la Silicon Valley estimaient que cet homme de 48 avait le bon profil pour diriger Uber.

Un farouche opposant à Donald Trump

Dara Khosrowshahi est pourtant loin d’être un inconnu sur la côte Est des Etats-Unis. Il dirige Expedia, l’une des plus importantes agences de voyages en ligne, depuis 2005. L’an passé, son groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 8,8 milliards de dollars (8,4 milliards de francs), pour 280 millions de bénéfices. Connu pour être un farouche opposant à Donald Trump – il s’était insurgé contre le «Muslim Ban», qui interdisait l’accès au sol américain aux ressortissants de sept pays, dont l’Iran –, Dara Khosrowshahi a aussi fait parler de lui pour sa rémunération. En 2015, il avait reçu pour plus de 91 millions de dollars de stock-options, ce qui avait fait de lui le dirigeant le mieux payé des Etats-Unis.

Désormais, l’homme – dont la nomination, annoncée dimanche soir par le New York Times (dont il est administrateur), doit être confirmée – fait face à quatre défis à la tête d’Uber.

Rassurer les investisseurs

Le premier consistera à ramener le calme parmi les 12 000 employés, dont plusieurs dizaines étaient poursuivis pour harcèlement de collègues. Ce ne sera pas aisé: cet été, plus de 1000 employés demandaient, via une lettre ouverte, le retour de Travis Kalanick. Mais Dara Khosrowshahi a su jusqu’ici gérer sans accroc un groupe, Expedia, comptant aujourd’hui plus de 20 000 employés. Et surtout, il ne sera pas perçu comme étant l’homme de Benchmark Capital, l’investisseur d’Uber qui avait obtenu la tête de l’ancien directeur d’Uber. Dara Khosrowshahi n’a apparemment pas été le choix de cet investisseur, selon le site spécialisé Recode. Mais il existe un lien: Rich Barton, fondateur d’Expedia, est un administrateur de cette société d’investissement.

Lire aussi: Pas de grand retour à la Steve Jobs pour le directeur d’Uber

Deuxième défi, rassurer les investisseurs, dont certains viennent de dévaloriser leurs participations dans Uber – valorisé 69 milliards de dollars lors du dernier tour de table – de 12 à 15%. Dara Khosrowshahi peut revendiquer le développement d’un groupe mondial – le groupe Expedia compte 200 sites web et a permis la réservation de 289 millions de nuits d’hôtel lors du dernier trimestre. Son directeur a pu gérer, ces deux dernières années, des acquisitions de taille: HomeAway (racheté 3,9 milliards de dollars), Travelocity (280 millions) ou encore Orbitz (1,6 milliard).

Lire aussi: Insensible aux scandales, Uber croît sans cesse

Ensuite, Dara Khosrowshahi devra faire en sorte qu’Uber soit numéro un dans des régions, telle l’Asie, ou des pays, telles la Russie ou l’Inde, où il fait face à des concurrents locaux bien établis. Là encore, son expérience avec Expedia, qui se trouve dans la même situation, pourra aider.

Enfin, l’homme devra viser les chiffres noirs pour Uber, qui a perdu 2,8 milliards de dollars en 2016. Mais ce ne sera pas une priorité: la société n’a jamais évoqué d’entrée en bourse et elle se focalise sur un développement le plus rapide possible à l’international pour prendre, partout, des parts de marché.

Publicité