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Le secteur public et parapublic, dont font partie notamment les services de santé, est économiquement prédominant à Genève. Il en va de même pour le négoce, la banque et le service aux entreprises.
© Keystone

Cartographie

Les quatre piliers de l’économie genevoise

Le franc fort et les votations du 9 février fragilisent les ressorts productifs de Genève. Pour faire face à ces nuisances, le canton dispose d’une mosaïque d’atouts, donc quatre branches majeures. Etat des lieux

Genève se situe à un tournant: cherté du franc, mise en œuvre prochaine de l’initiative de «Contre l’immigration de masse», réforme en cours de l’imposition des sociétés (RIE III). Alors que les 35 000 entreprises du bout du lac s’interrogent sur leur avenir, les autorités imaginent des lendemains radieux, brandissant la première stratégie économique cantonale jamais élaborée. «L’essentiel est de maintenir notre capacité d’ouverture», résume Blaise Matthey, directeur de la Fédération des entreprises romandes Genève.

La feuille de route, lancée l’été dernier par le canton et censée poser les jalons de la croissance jusqu’en 2030, s’inscrit dans le sillage des décisions politiques prises depuis 2012. Une année charnière, qui marquée les mentalités suite au départ brutal de Merck Serono et le licenciement de ses 1300 employés. Le plus grave licenciement collectif de l’histoire de la région a été suivi d’un travail d’introspection inédit, Genève s’inquiétant du devenir de sa biotech, autant que de sa structure économique.

Fonctionnariat en hausse

Quels sont aujourd’hui les fondamentaux du bout du lac? «Si l’on considère la contribution au produit intérieur brut [PIB], quatre branches dominent l’économie genevoise», résume Roland Rietschin, directeur de l’Office cantonal de la statistique. Ensemble, ces secteurs concentrent près de 70% des richesses du canton, contre un peu plus de 67% il y a deux décennies.

A la première place, se trouve le secteur public et parapublic (enseignement, administration, santé, social, culture, sport, etc.), dont la valeur ajoutée brute est estimée à plus de 11 milliards de francs, soit 22,2% du PIB genevois. Son influence s’inscrit en hausse de plus de trois points de pourcentage depuis 1997. «Cette progression contredit le discours officiel», note Blaise Matthey.

Vient ensuite le commerce de gros et de détail, dont le poids n’a également pas cessé d’augmenter au fil des années (20,7% du PIB, contre 15,6% il y a 18 ans). Raison principale: ce secteur comprend le négoce de matières premières, milieu employant plus de 8000 salariés. Des sociétés comme Vitol, Total, Gunvor, Louis Dreyfus, Mercuria, Litasco, Bunge, Addax Petroleum ou encore Cargill organisent depuis Genève 22% de l’ensemble des mouvements planétaire de céréales, de sucre, de coton, etc. transitant par voie maritime via la firme MSC. Ainsi qu’un tiers du commerce mondial de pétrole.

La branche du négoce est devenue un puissant moteur de croissance économique. A contrario d’acteurs de la catégorie commerce de gros, comme Procter & Gamble qui, selon la Chambre de commerce genevoise, dénombrait 2677 collaborateurs en 2012, un chiffre en baisse par rapport aux quelque 3000 annoncés ces deux dernières années par la multinationale. «On ne peut pas construire l’avenir avec une vision du passé, commente Blaise Matthey. Mais en même temps, il est essentiel de conserver et de renforcer l’existant, dont dépendent les emplois d’aujourd’hui.»

Troisièmes du classement: les activités financières et d’assurances, représentant 14,8% du PIB, pour plus de 37 000 emplois, dont près de 19 500 rien que pour la banque. Mais sa contribution aux richesses du canton, elle, ne cesse de s’éroder. Pour preuve en 1998, les quelque 6675 établissements de ce segment pesaient 22,7% du PIB.

Les services aux entreprises, la recherche et le développement, ainsi que l’informatique complètent le palmarès. Ce dernier groupe d’activité (environ 7 milliards de francs, 13,1% du PIB, contre 11% il y a 18 ans), toute comme le secteur public et parapublic, a connu une croissance légèrement supérieure à celle de la valeur ajoutée du canton entre 1998 et 2013. La banque et finance, en revanche, a crû en moyenne de 1,2% durant la même période, soit à un rythme deux fois plus faible que le PIB genevois. Quant au segment du commerce, il a enregistré une progression deux fois plus forte (+4,9% par an), tiré par la locomotive du négoce.

A caractère international

Parmi les autres caractéristiques distinctives de Genève, on peut citer le secteur du luxe. Le canton abrite en effet 94% des plus grandes marques de ce segment, à en croire le guide stratégique 2030 rédigé par les autorités.

Sans oublier la Genève internationale. Cette dernière ne constitue toutefois pas un secteur économique en soi. Mais son écosystème est vital pour le canton. Composé de centaines d’acteurs pour plus de 28 000 emplois – soit près d’un poste de travail sur dix –, il marque fortement de son empreinte transversale la plupart des autres segments productifs du bout du lac. Ainsi, le secteur public international représenterait plus de 11% du PIB genevois. Mieux: ses activités génèrent quelque 22 000 emplois directs ou induits. Sans la Genève internationale, l’hôtellerie et la restauration, ainsi que de la vente de détail (6300 établissements, pour plus de 35 000 emplois) ne pourraient survivre.

Le territoire du bout du lac est par ailleurs un concentré de multinationales. Selon le dernier recensement fédéral, ces dernières sont au nombre de 931 sociétés (177 suisses et 754 étrangères). Soit 76 000 emplois, le quart de ces postes de travail étant de nature bancaire. Tous secteurs confondus, les entreprises transfrontalières contribuent pour 38,4% de la valeur ajoutée du canton.


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