L'avocat de Franck Muller Watchland, Xavier Oberson, évoquait dans nos éditions de jeudi les «problèmes d'évaluation» liés aux prix de transfert. Didier Decker, directeur opérationnel, confirme les projets d'entrée en Bourse.

Le Temps: Votre groupe a-t-il des arriérés fiscaux?

Didier Decker: Nous n'en avons pas, et ne savons pas d'où sort ce chiffre de 200 millions de francs. Avec le fisc, nous discutons de ratios. Les sommes portent sur quelques millions, pas davantage, liés aux exercices précédents et que nous sommes prêts à payer par gain de paix.

– Quels bénéfices la société a-t-elle réalisés ces dernières années?

– Jusqu'en 2001, elle était très légèrement bénéficiaire – 1 à 3 millions. Les bénéfices ont explosé à partir de 2002, ils sont nettement supérieurs à 20 millions en 2004.

– Combien d'impôts avez-vous payés sur ces sommes?

– Le pourcentage usuel, 35%.

– Voulez-vous toujours entrer en Bourse?

– Nous sommes en contact avec plusieurs banques pour préparer l'opération, prévue pour l'année 2007. Celle-ci aurait de toute façon nécessité une discussion avec l'autorité fiscale. Le conflit aujourd'hui réglé entre Franck Muller et Vartan Sirmakes a accéléré le processus. Au fond, nous en sommes très contents. Il n'est question ni de fraude, ni d'amende. Et, contrairement à certains concurrents de la place, nous n'avons bénéficié d'aucune exemption ou coup de pouce public en quinze ans d'activité.

– Les prix de transfert n'enlèvent-ils pas de la substance fiscale?

– Tous nos concurrents les pratiquent. La Suisse était habituée à en bénéficier avec l'installation de holdings créées par des sociétés étrangères sur sol helvétique. Là, c'est le contraire: où est le problème? Franchement, nous nous sentons otages d'un contexte politique préélectoral.