Le Temps: Quelles sont, dans votre secteur des produits structurés, les leçons que vous tirez de la crise?

Gilles Corbel (BCV): Pour regagner la confiance des investisseurs, les émetteurs et les distributeurs vont devoir se livrer à un exercice d'autocritique sévère. Pour convaincre, il faudra du temps et des engagements, comme par exemple améliorer la fiabilité de l'information disponible sur Internet. Quand une barrière est touchée, l'information doit être donnée clairement sur le site de l'émetteur.

Mettre en garde les clients sur ce que sont des «conditions anormales de marché» en leur expliquant précisément les problèmes opérationnels pouvant se présenter.

Intégrer l'achat de produits dans la constitution d'un portefeuille équilibré et résistant.

- Quelles innovations pensez-vous pouvoir lancer pour profiter de la volatilité élevée?

- Le recours à une structure de reverse convertible sans barrière, mais avec un prix d'exercice, à l'émission, entre 80% et 85% du prix de référence, sans être véritablement une innovation, reste un excellent moyen pour profiter des hauts niveaux de volatilité sans tomber dans une structure aux mécanismes abscons.

- Quelles idées de placement pensez-vous les plus adaptées actuellement avec un horizon de 12 mois?

- Un grand classique du capital intégralement protégé: une structure indexée sur le SMI émise par une excellente signature au niveau du risque de crédit. Pour une prise de risque supérieure: un reverse convertible sur Nestlé ou Novartis, avec une barrière à constatation unique à l'échéance ou un prix d'exercice à 85% de sa valeur actuelle.Propos recueillis par Emmanuel Garessus