Les querelles sont fréquentes entre collaborateurs, comme le démontre une récente étude de l'Université de Neuchâtel sur la collaboration au travail. Lors d'interactions avec leur supérieur, leurs collègues ou leurs clients, les employés ressentent un sentiment de colère une fois sur quatre. Ils sont en désaccord sur la façon d'effectuer une tâche; sur la répartition des tâches, sur la quantité de travail qui leur est attribuée; ils sont agacés lorsque quelqu'un les critique.

La colère peut mettre en péril la santé du râleur. Des recherches scientifiques soulignent que ce sentiment augmente la tension artérielle et, s'il persiste, favorise le risque de troubles cardiovasculaires. Quand on se fâche avec quelqu'un, et tout particulièrement si la dispute est justifiée, l'idée de revanche fait son chemin. Qui n'a pas déjà imaginé différents scénarios à titre de représailles?

Se venger peut être très direct: «Œil pour œil, dent pour dent». Mais la vengeance peut également se décliner de façon plus subtile: laisser en attente une décision importante concernant son subordonné; «oublier» de transmettre une information à un collègue; faire semblant de ne pas voir qu'un client a besoin de notre aide; ne pas terminer un travail, alors que - ou plutôt parce que - l'on sait que la situation mettra d'autres personnes en difficulté.

Et si l'acte de vengeance est réussi, cela fait du bien. En fait, vengeance et punition déclenchent des émotions positives. Ceci a été démontré par Ernst Fehr, professeur à l'Institute for Empirical Research in Economics de l'Université de Zurich. Punir une personne qui enfreint les normes sociales déclenche une réaction dans le centre de «récompense» de notre cerveau. Bref, il est doux de se venger.

Se mettre en colère est mauvais pour la santé, se venger fait du bien. Peut-on dès lors méditer sans scrupule sa vengeance?

Les choses ne sont pas si simples. La vengeance qui se concrétise par des représailles subtiles, est un moyen de cultiver, de soigner et d'augmenter la rancœur. Les actes de vengeances mènent à une escalade des conflits et engendrent d'autres colères. Le cercle vicieux se met en place.

L'alternative consistant à ravaler sa colère n'est pas plus saine. Surtout si l'on ne fait pas partie des rares personnes privilégiées qui oublient rapidement.

Malheureusement, en cas de conflit au travail, il n'y a pas de solution miracle. La façon la plus saine et la plus durable de traiter les différends est de trouver des solutions constructives au conflit. Ce qui est souvent très difficile. Il est intéressant de constater que nous sommes beaucoup plus créatifs et innovateurs pour planifier nos actes de vengeance que pour trouver des solutions positives.

En réalité, il est très difficile de résoudre un conflit qui souvent nous dépasse. Pour son propre bien-être et pour sa santé, il convient alors de demander aide et conseils à des spécialistes externes.