Esmertec devait entrer en Bourse jeudi dernier. Différée à ce lundi, l'IPO a finalement été reportée à une date inconnue. La raison: le fabricant zurichois de logiciels pour téléphones mobiles est accusé de violation de brevets, et risque également de perdre un client important. L'IPO d'Esmertec est menée par UBS Investments, Deutsche Bank, les banques Sarasin et Julius Bär. Joint en Chine, Alain Blancquart, directeur d'Esmertec, s'explique.

Le Temps: L'américain Tao Group affirme que votre technologie empiète sur ses brevets. Qu'en est-il?

Alain Blancquart: Tao Group vient de nous envoyer une lettre, où il affirme avoir vu sur notre site web des technologies d'Esmertec qui entreraient en conflit avec ses brevets déposés en Australie et à Singapour. Il y a dix-huit mois, Tao Group nous avait aussi écrit concernant les Etats-Unis, et nos avocats nous ont assuré qu'il n'y avait aucun problème. Nous avions répondu à Tao Group, sans recevoir de nouvelles. Je suis donc très serein, nous sommes dans notre droit, il n'y aura pas de procédures fleuves en justice à notre encontre. Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi Tao Group nous a attaqué quelques jours avant notre IPO.

– Quelles pertes entraînera pour vous le dépôt de bilan du fabricant de téléphones mobiles Sendo, l'un de vos clients?

– Au maximum 2,3 millions de francs, soit le montant des commandes en cours. Ce n'est pas une perte importante (ndlr: le chiffre d'affaires 2004 d'Esmertec a été de 34 millions de francs). De plus, il est possible que Sendo, en voie de reprise partielle par Motorola, continue à être l'un de nos clients. Motorola est déjà client de nos technologies.

– Si ces deux événements sont si minimes, pourquoi reporter votre IPO?

– D'abord parce que nous voulons continuer à donner des informations claires au marché. Nous jouons la transparence totale. Ensuite, nous estimons que la période de vacances estivales dans laquelle nous entrons n'est pas la plus propice à une entrée en Bourse.

– Mais tout de même, ce report d'IPO à une date non communiquée risque d'entamer votre image…

– Je ne pense pas. Nos actions ont été sursouscrites neuf fois, et je suis confiant. Nous pourrons de toute façon lever les 109 millions de francs prévus. La société n'a pas changé, elle demeure très solide, les investisseurs le savent. Le risque actuel est que le marché, une fois notre action cotée, se montre volatil. Nous voulons simplement l'éviter en prenant un peu de temps.