Le Temps: Quelles leçons tirez-vous de la crise?

Alexandre Col(Banque Privée Edmond de Rothschild): Que la gestion alternative ne vit pas dans un autre monde. Elle n'est pas immunisée de l'Etat économique mondial. Les hedge funds ont beaucoup baissé, avec le reste.

On constate toutefois que la gestion alternative a mieux résisté, encore une fois, que la gestion traditionnelle. L'alternatif perd à peu près 40% des baisses des actions.

Oui, des hedge funds font faillite, mais le principe du portefeuille de hedge funds demeure valable.

- Quelles idées de placements privilégiez-vous?

- Le distressed, ou «Chapter 11», pourrait bientôt devenir attrayant, mais c'est encore trop tôt pour s'y engager. A l'heure actuelle, le marché de la dette est celui qui offre le plus d'opportunités, y compris le mortgage titrisé aux Etats-Unis. Il y a eu de telles dislocations sur ce marché qu'il serait attrayant de le jouer de manière très sophistiquée, à l'instar de John Paulson.

- Quelle est votre opinion des marchés émergents?

-En période de forte crise, toutes les corrélations tendent à 1. C'est pourquoi les marchés émergents sont devenus très corrélés aux marchés développés. Il faudrait les sous-pondérer fortement, à mon avis. Et y revenir seulement une fois que les Etats-Unis et l'Europe auront rebondi. Car les gros allocateurs sont d'abord américains et européens. Il faut que ces fonds se remettent à acheter des actions de leurs pays, puis se risquent sur les marchés émergents, pour que ces derniers rebondissent. Les marchés émergents restent dominés par les Etats-Unis.