Le Temps: Les revendications salariales des syndicats n'ont pas eu le succès escompté l'an dernier. Quelles sont leurs chances d'aboutir en 2006?

Alexandre Plassard: Elles dépendent du résultat des entreprises et des branches. L'UPS trouve ces revendications trop élevées, mais pas indécentes. Cela fait partie du jeu. Les syndicats font des demandes générales pour occuper le terrain, même si c'est un peu tôt.

– Pourquoi les patrons refuseraient-ils des hausses de salaire, alors que nombre d'entreprises ont engrangé des bénéfices conséquents l'an dernier?

– Ce n'est pas le cas de toutes les entreprises. Credit Suisse vient par exemple d'annoncer des résultats moins bons au deuxième trimestre. Et l'on parle toujours des grands groupes, alors que la majorité des entreprises suisses sont des PME. C'est aussi à ce niveau-là que les décisions se prennent.

– La votation du 25 septembre sur l'extension de la libre circulation influencera-t-elle les négociations 2006?

– On ne peut pas mélanger ces deux dossiers. Les négociations salariales se déroulent chaque année. Il est possible que les syndicats essaient d'utiliser cet objet de votation pour pousser leurs revendications, mais cela ne changera rien à la procédure habituelle.

– Comment expliquer la faible hausse des salaires réels ces dernières années ou la non-compensation du renchérissement?

– Les salaires réels dépendent de l'inflation, et les entreprises n'ont aucune emprise sur cette dernière. Quant à la compensation du renchérissement, c'est un point parmi d'autres dans la détermination du salaire. L'UPS est opposée aux automatismes. Les entreprises doivent agir selon leurs possibilités.