Le Temps: Quelles sont les leçons à tirer de la crise pour la gestion des fonds?

Christoph Riniker (Julius Bär): Ces derniers mois, l'évolution des marchés a montré que les investissements à haut risque et de mauvaise qualité ne permettaient pas de dégager des rendements attractifs dans l'environnement actuel. Depuis quelque temps, nous insistons donc sur l'importance primordiale à accorder à la qualité des bilans dans le processus de sélection des actions.

Nous recommandons par ailleurs de privilégier les secteurs défensifs. La qualité est également d'une importance essentielle dans le secteur des obligations, mais il ne faut pas oublier que certains segments de marché sont largement asséchés en raison des incertitudes actuelles.

- Quels placements recommandez-vous actuellement?

- Les diverses interventions et annonces des gouvernements nationaux et du G7 ont déclenché un net rebond des marchés boursiers internationaux, mais il est difficile de savoir si cette reprise sera durable.

Julius Bär estime que la phase de baisse persistante des cours se dissipera et pourrait laisser place à une tendance latérale. La volatilité demeurera en revanche élevée pendant quelque temps, ce qui nous incite à maintenir une pondération neutre en actions. En ce qui concerne les placements à taux fixe, nous avons opté pour une stratégie de sous-pondération et privilégions les échéances courtes.

- Les marchés émergents affichent des baisses considérables: faut-il y revenir actuellement et, si oui, lesquels sont vos préférés?

- Les marchés émergents conservent toute leur place dans un portefeuille. Du côté des investissements en actions, nous recommandons le Brésil dont l'économie est plus robuste que celle d'autres marchés. Dans le secteur obligataire, certains placements en devises fortes des marchés émergents nous paraissent également attractifs en raison des spreads de crédit actuels.