Goldman Sachs a conseillé trois des sept principales fusions et acquisitions suisses, avec un accent particulier dans la biotechnologie et la pharma, à l'image de la vente de la division OTC (médicaments sans ordonnance) de Roche à Bayer pour 3 milliards de dollars, le rachat de Sabex par Novartis pour 565 millions de dollars et l'acquisition des semences d'Advanta par Syngenta pour 474 millions. Au total, sa part de marché atteint 40%.

 

Le Temps: Goldman Sachs ressort premier au classement des conseillers en fusions suisses, selon Euromoney. Est-ce votre objectif à long terme d'appartenir au Top 3 des fusions et acquisitions en Suisse?

François Xavier de Malmann: La Suisse est un marché stratégique pour Goldman Sachs en Europe. Nous avons investi des ressources importantes depuis plusieurs années afin de développer nos activités de banque d'affaires sur ce marché. Nous pensons avoir une valeur à ajouter à long terme dans notre métier de banquier conseils auprès des grandes entreprises du pays. Notre stratégie en termes de parts de marché est consistante avec celle que nous avons dans le reste du monde.

– Que pensez-vous de l'évolution du marché suisse des fusions?

– Les volumes de transactions annoncées sont en nette hausse en Suisse et en Europe au cours du premier semestre par rapport à la moyenne des dernières années. Les rachats et fusions d'entreprises continuent de représenter une source de croissance non négligeable dans de nombreux secteurs de l'économie. Par ailleurs les marchés des capitaux ont bien répondu à la plupart des récentes annonces de grandes transactions. Le niveau des taux d'intérêt et les conditions du marché du crédit facilitent aussi le financement externe.

– Quelles sont les principales raisons à cette augmentation des fusions?

– Nous avons noté un net développement du dialogue stratégique dans la plupart des grands secteurs d'activités. Beaucoup de sociétés ont profité des trois dernières années pour assainir leur bilan et se renforcer dans leurs activités de base. Elles sont aujourd'hui en position de force et en mesure de reprendre leurs activités de croissance externe. En parallèle à cette tendance, les fonds de private equity disposent de liquidités importantes et cherchent à les déployer dans des opérations qui ont grandi en taille au cours des derniers mois. Ces fonds sont devenus une force incontournable et une vraie source de liquidités dans le domaine des rachats d'entreprises.