Le Temps: Dans le domaine du mobile, existe-t-il encore un potentiel de croissance?

Jens Alder: Nos revenus dans ce domaine sont stables, mais les coûts d'acquisition des clients sont en forte baisse, ce qui explique notre progression. Le potentiel passe par le nombre de nos clients que nous pouvons encore conquérir. Mais les revenus par tête ont tendance à diminuer avec la baisse des prix, qui devrait se poursuivre en Suisse. Nous occupons environ deux tiers du marché et nos concurrents qui sont trop petits,n'auront pas d'autres moyens que de baisser leurs prix pour progresser.

– Vous disposerez de très importantes liquidités à la fin de l'année, que vous souhaitez utiliser pour des acquisitions pour assurer votre croissance à long terme. Avez-vous déjà repéré des candidats potentiels?

– Nous recevons une douzaine de dossiers par semaine, soit de la part des banques, soit de la part des sociétés elles-mêmes. Mais nous n'avons pas encore trouvé ce qui nous convient. Il est vrai que c'est un marché pour les acheteurs et que nous avons le temps pour nous. A la fin de l'année, nous aurons en fait à disposition entre 6 et 10 milliards de francs. Nous avons réduit notre endettement à zéro, ce qui nous permet une certaine assise. Par contre, nous avons décidé de ne pas lancer un programme de rachats d'actions.

– La mise en place du réseau UMTS tarde. Où en est Swisscom dans ce domaine?

– Nous avons monté notre première antenne à Berne. Mais nous n'avons pas encore les téléphones qui nous permettraient de débuter les premiers tests. Nous espérons lancer notre programme fin 2002, ce qui veut dire que le client final n'aura pas accès à cette nouvelle technologie avant 2003. Nous dépendons dans ce domaine des fournisseurs d'équipements qui, par le passé, ont démontré qu'ils ne tenaient pas leurs promesses. Il faut relever aussi le côté chaotique de la réglementation en Suisse encadrant l'installation des antennes, ce qui ne nous facilite pas la tâche.

– Quatre sociétés ont décroché en Suisse leur licence UMTS. Au vu des retards annoncés, pensez-vous qu'un opérateur pourrait se désister?

– Ceux qui ont déjà une fréquence GSM ne voudront pas perdre l'opportunité d'obtenir de nouvelles ressources, à savoir de nouvelles fréquences. La question pourrait se poser pour Telefonica, qui devra créer un réseau à partir de rien.

Propos recueillis par SBG