Le groupe américain Danaher poursuit son expansion et compte acquérir l'entreprise Leica Geosystems pour 1,23 milliard de francs. Il y a trois semaines, Danaher avait déjà annoncé le rachat de la société allemande Leica Microsystems. Entretien.

Le Temps: Cette année, vous avez déjà acquis un certain nombre d'entreprises. N'est-ce pas une stratégie trop risquée au niveau de la diversification et de votre capacité d'intégration?

Lawrence Culp: Non, je ne le pense pas. Nous avons déjà effectué ce genre d'acquisition avec succès. Leica Geosystems est une entreprise remarquable. Nous connaissons très bien ce qu'elle produit et comprenons très bien sa stratégie. Ses ressources et sa compétence technique sont adéquates.

– Quelle est votre stratégie?

– Depuis dix ans, nous positionnons un portefeuille d'entreprises dans les marchés de l'instrumentation et de la technologie industrielle, là où nous observons un potentiel de croissance supérieur à la moyenne. Nous ciblons principalement des entreprises qui occupent une place de leader. Nous choisissons aussi des sociétés que nous pouvons aider à devenir leader. Ainsi, nos affaires et notre groupe sont solides. Nous tenons compte des clients et de nos actionnaires. Nos marges sont élevées.

– Je ne vois pas beaucoup de synergies avec Leica Geosystems, mis à part au niveau du réseau de distribution…

– C'est déjà important. Nous ne servons pas le client de base de Leica Geosystems dans le domaine de la topographie. La société suisse veut davantage vendre ce type de produits dans d'autres configurations, notamment à des industriels, à des clients actifs dans le domaine de l'électricité. Danaher possède déjà ce type de relations commerciales dans de nombreuses activités. C'est particulièrement le cas avec la société de test électronique Fluke, une excellente marque. Le partenariat avec Fluke, par exemple au niveau des canaux de distribution, apportera de la croissance à Leica Geosystems. Le marché américain représente un grand potentiel. Nous aiderons Leica Geosystems à réaliser des acquisitions et à développer ses investissements en Asie. Notre chiffre d'affaires atteindra 8 milliards de dollars cette année. Nous pouvons donner à Leica Geosystems la possibilité d'investir davantage dans la recherche et le développement, ainsi que dans le marketing.

– Vous avez également la réputation de couper dans les effectifs, notamment avec la société suisse Portescap. Ce scénario est-il possible avec Leica Geosystems?

– Non. Il est important de rappeler que lorsque nous avons acquis Portescap, c'était une compagnie malade. Portescap est l'exemple contraire de Leica Geosystems. Cette dernière est leader avec ses produits. Il n'y a donc aucun besoin de la restructurer radicalement. Nous voulons améliorer sa croissance et trouver un successeur interne à Hans Hess. Ce ne sera pas quelqu'un de Danaher.