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Questions à Mark Hänni. «Le multiple de ce fonds en titres durables est inférieur à celui de l'indice»

Questions à Mark Hänni, Gérant à Zurich du Raiffeisen Futura Swiss Stock et d'autres fonds en actions suisses.

Le Raiffeisen Futura Swiss Stock casse l'image de perdant qui colle à la peau des investissements attentifs au développement durable. Sur trois ans, il obtient 32% de performance annualisée, un résultat qui dépasse tous les fonds en actions suisses, même les plus cyniques. A ce titre, il a été couronné par Lipper. Le gérant, Mark Hänni, a fait toute sa carrière chez Vontobel. Comme plusieurs de ses collègues, il gère aussi des fonds pour le compte de Raiffeisen.

Le Temps: Vous gérez aussi d'autres fonds classiques en actions, pourquoi votre fonds orienté sur le développement durable a fait nettement mieux qu'eux?

Mark Hänni:L'univers d'investissement est entièrement différent. Pour mes autres fonds, je peux investir dans l'ensemble du marché, soit plus de 220 titres. Dans le cas du Futura Swiss Stock, l'univers est restreint à une quarantaine d'actions seulement. Il est déterminé par une société extérieure, INrate, qui exclut les entreprises qui ne correspondent pas à ses critères.

Cet univers compte plus de petites et moyennes capitalisations, ce qui a avantagé le portefeuille. Entre 15 et 20 titres sont communs au portefeuille durable et aux autres fonds que je gère.

- Comment est déterminé votre univers?

- INrate exclut tout d'abord une série de sociétés comme celles qui investissent dans le tabac (cela concerne Richemont), ou celles qui fabriquent des armes. Les titres sont regroupés en une dizaine de grands secteurs. Seules les meilleures sociétés à l'intérieur d'entre eux, selon les critères du développement durable, sont retenues.

Près de 45% de la capitalisation du marché sont en dehors de l'univers, je ne peux pas investir dans les trois premières capitalisations du marché, Novartis, Nestlé et UBS. Jusqu'à la fin du mois passé, Roche était également exclue. Aujourd'hui je pourrais y investir, mais avant de le faire j'attends que le titre baisse.

Novartis et Syngenta sont exclus en raison de leurs activités dans le génie génétique. Il en va de même pour Nestlé, qui utilise du maïs génétiquement modifié.

Dans les titres moins importants, je ne peux pas acheter Kühne & Nagel, car la société est trop largement présente dans le transport aérien. L'absence des plus grandes capitalisations augmente la diversification du fonds.

- L'absence de très grandes sociétés vous oblige à vous écarter fortement de votre indice de référence. Pour compenser l'absence de UBS, achetez-vous d'autres banques?

- J'ai acheté Sarasin. Je me tourne aussi vers les assurances, Zurich Financial Services, Bâloise ou Swiss Re.

Dans la santé, je compense l'absence des deux grandes par des achats dans la technologie médicale, avec des entreprises comme Phonak ou Synthes.

- Les titres du développement durable sont-ils plus chers que le reste du marché?

- Non, le multiple moyen du fonds en titres durables est inférieur à celui de l'indice.

Je suis largement présent dans des sociétés industrielles, un secteur qui se traite à des multiples peu élevés, des sociétés comme Sulzer, Schweiter ou Geberit.

- Votre fonds affiche un indice de déviation face à votre indice de référence (tracking error) élevé. Il est de 8,5%, en chiffre annualisés sur trois ans. Etes-vous plus actifs que les autres gérants suisses?

- C'est le chiffre le plus élevé parmi une quarantaine de concurrents. Pour la plupart d'entre eux, ce chiffre se situe entre 2 et 5%. Mais cet écart a été intéressant pour les porteurs de parts. Le fonds affiche également le ratio d'information le plus élevé (ndlr: qui mesure la capacité du gérant à prendre des risques qui seront rémunérés). Il est de 1,18 alors que le second fonds n'affiche que 0,22.

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