Le Temps: Quelles idées de placement privilégiez-vous à l'heure actuelle?

Nathalia Barazal (LODH): Bien que le risque systémique soit a priori derrière nous grâce à l'injection massive de liquidités et aux garanties offertes par les gouvernements, l'ampleur de l'impact encore à venir sur l'économie réelle est très inquiétante.

Ces dernières semaines ont d'ailleurs exacerbé un problème de liquidité, et donc de prix, sur certains types d'investissement à caractère crédit. En particulier le marché des obligations convertibles a souffert intensément de ce phénomène, à tel point que désormais des situations aberrantes existent.

Ces situations représentent une opportunité d'investissement unique, qui plus est dans un tel contexte d'incertitude sur les marchés actions. En effet, la partie optionnelle est désormais très décotée, voire souvent valorisée à un niveau proche de zéro pour nombre d'entre elles. Mais au-delà de l'attrait de cette option «gratuite», qui n'est certes pas négligeable mais ne peut devenir rentable que lorsque les marchés actions rebondissent, le plus attractif est la composante obligataire. En effet, désormais, et ce pour des sociétés très souvent de bonne qualité de crédit, l'obligation convertible offre un rendement à maturité exceptionnellement élevé, bien au-delà de l'écartement des credit spreads subi. Le manque de liquidité et les rachats des investisseurs des classes d'actifs considérées plus risquées pour se positionner sur du cash est l'explication première derrière ces valorisations qu'on peut qualifier souvent de ridicules. Ces obligations convertibles à court terme (2-3 ans maximum) offrent un taux à maturité très attractif.